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Traverser le Canada d’Ouest en Est : le convoi de l’extrême

Comment ça, j’ai piqué le titre à Channel 5 ? Pas du tout ! Puis j’ai bien le droit, j’ai roulé sur des ponts de glace. Bref. Revenons à nos caribous. Après avoir vécu un an à Whitehorse, nous avons décidé de déménager au Nouveau-Brunswick. Oui, c’était difficile de faire plus loin sur la carte. 6500 kilomètres au bas mot, sans les détours (et on adore les détours). Avons-nous pris l’avion ? Que nenni, c’est en voiture que nous nous sommes embarqués dans cette folle aventure. Dans cet article, je vous raconte comment nous avons traverser le Canada d’un bout à l’autre.

Traversée du Canada
Près de 9000 kilomètres en trois semaines, qui dit mieux ?

Pourquoi sommes-nous partis ?

Est-ce que nous sommes partis car nous n’avons pas aimé le Yukon ? Bien au contraire ! Nous avons adoré y vivre. Les grands espaces, le côté sauvage, la beauté des paysages, l’effervescence artistique vont nous manquer. Nos amis vont nous manquer. Nous nous sommes sentis accueillis par ce territoire, par la communauté francophone si dynamique. Nous y avons vécu des expériences extraordinaires, tant en hiver qu’en été. Nous avons eu beaucoup de chance d’y vivre la pandémie de la COVID-19, à l’abri et protégés de la folie mondiale.

Pourquoi partons-nous, alors ? (Vous avez remarqué comme je gère bien l’auto-interview ?) Principalement à cause du coût de la vie. Certes, le Yukon est magnifique… mais qu’est-ce que c’est cher ! Nous en avions un peu marre de payer plus de 2000 $ chaque mois pour nous loger, sans que les salaires suivent. L’isolement a également pesé dans la balance. Difficile de rentrer en Belgique ou de partir quelques jours en vacances au soleil : les billets d’avion sont chers et tout est loin. Aussi, il faut que j’avoue que l’aventure, j’aime bien, mais que l’idée de pouvoir sortir faire un jogging sans devoir emporter un spray anti-ours et un téléphone satellite me faisait de l’œil (j’exagère pour le téléphone satellite MAIS PAS POUR LE SPRAY ANTI-OURS).

Julie et Séra
On avait l'air heureux à Whitehorse, non ?

Pourquoi avoir choisi le Nouveau-Brunswick ?

Voilà déjà plusieurs semaines que nous lorgnions sur le Nouveau-Brunswick. A priori pas du tout sexy, cette destination s’est peu à peu imposée à nous. Nous voulions un endroit où l’immobilier était encore abordable, afin de pouvoir acheter une maison. Nous voulions un endroit qui nous permette d’explorer facilement l’Est du Canada, et notamment la Gaspésie. Nous voulions un endroit où nous nous sentirions bien, où nous pourrions facilement nouer des amitiés. Nous voulions pouvoir papoter avec nos voisins et les inviter à boire une bière avec nous. Un endroit convivial et réputé pour sa douceur de vivre.  Et là, bim, badamoum, nous avons lu cet article sur le blog Arpenter le chemin. Nous avons décidé dans la foulée de partir nous installer à Moncton. Je voulais des montagnes. C’est raté. Séra voulait la mer. C’est gagné.

Ce que nous n’avions pas prévu, c’était de partir si vite. Nous nous voyions bien rester encore un an au Yukon, attendre la réouverture des frontières avec les États-Unis pour pouvoir découvrir l’Alaska et partir chasser les aurores boréales un automne de plus. Mais coup du destin : en juin, je tombe sur une offre d’emploi pour un job de rêve dans une organisation féministe, mon domaine d’expertise en Belgique. Je postule et décroche le poste. Après deux ans à enchaîner les jobs dans la communication (ce qui était mon domaine, oui, mais il y a dix ans), je vais enfin pouvoir à nouveau porter les combats féministes qui me sont chers et donner du sens à ce que je fais. Enfin ! Bref, tout cela accélère les choses, et nous quittons à la mi-août Whitehorse et arrivons à Moncton en septembre 2020.

Voiture et remorque
Elle est pas belle, Fabiola, avec sa petite remorque ?

Traverser le Canada d’Ouest en Est : les préparatifs

Un déménagement de plus de 6500 kilomètres, ça ne s’improvise pas. Nous avons planifié le tout plusieurs semaines à l’avance. Nous avons choisi de dormir dans notre voiture aménagée le temps de voyage, bien sûr, histoire d’économiser (ok, surtout parce qu’on aime ça). Il nous a donc fallu louer une remorque à U-Haul, la célèbre entreprise américaine de déménagement, afin de déplacer notre matériel et nos quelques biens (on commence à accumuler, depuis deux ans que nous sommes au Canada). Le point positif : on se sent comme dans un film américain, vous savez ceux où les personnages principaux déménagent à l’autre bout du pays avec leur camion rouge et blanc. Bref, on vise l’Oscar, n’ayons pas peur d’afficher nos ambitions.

On passe quelques jours à faire nos cartons, on clôture nos différentes affaires, toutes les paperasses administratives (à force, on est bien rodés). On réserve un Airbnb à Moncton pour les deux premiers mois, histoire de nous laisser le temps de trouver quelque chose qui nous convienne une fois sur place.

Traverser le Canada d’Ouest en Est : l’itinéraire

Nous avons choisi de « prendre notre temps » pour faire ce voyage, c’est-à-dire trois semaines. Je mets des guillemets car faire près de 9000 kilomètres (avec les détours) en trois semaines, je ne sais pas si ça peut vraiment être considéré comme « prendre son temps ». Mais bon, au Canada, nous avons appris à relativiser les distances. Il nous semble désormais normal de faire deux heures de route pour aller manger chez des copains.

Au niveau de l’itinéraire, nous avons choisi d’éviter au maximum la Transcanadienne. Nous, ce que nous aimons, ce sont les petits routes, les villages, les coins paumés et les aventures ! (Ce qui nous a amené à faire près de 80 kilomètres sur une route en gravier mal entretenue au fin fond du Saskatchewan, sans le moindre réseau téléphonique, avec une remorque, mais ceci est une autre histoire. Bon à savoir : U-Haul remplace gratuitement les pneus crevés).

Lors de ce voyage, nous voulions absolument passer quelques jours dans les Rocheuses canadiennes, en Alberta. Nous n’avions pas encore eu l’occasion d’y aller, et en rêvions depuis longtemps. Nous y avons donc passé notre première semaine de voyage. Nous avons ensuite pris le temps de nous promener en Saskatchewan et au Manitoba, souvent (à tort !) considérés comme plats (au sens canadien du terme). Nous nous sommes un peu ennuyés en Ontario (surtout parce que les routes sont dangereuses et qu’il pleuvait beaucoup) avant de renouer avec nos papilles au Québec et de nous arrêter dans absolument toutes les fromageries que nous croisions.

Vous voulez connaître notre itinéraire de manière plus détaillée ? Découvrir les points forts de notre voyage, ce que nous avons particulièrement aimé ? Jetez un œil à l’article « Traverser le Canada d’Ouest en Est : mes coups de cœur ».

Edith Cavell
On a vu quelques trucs sympa, sur la route.

Notre budget pour traverser le Canada

Traverser le Canada d’Ouest en Est nécessite un petit budget, mais c’est pas si pire. La plus grosse dépense fut l’essence, bien entendu. Surtout qu’avec la remorque, Fabiola a consommé plus que de coutume. Voici un budget plus détaillé :

  • Essence : environ 1500 $ ;
  • Logement : nous avons alterné le camping sauvage (gratuit, merci IOverlander), les campings provinciaux (environ 30 $ la nuit) (pour avoir accès à des toilettes et des douches, principalement) et quelques nuits en Airbnb (pour faire notre lessive et cuisiner, entre autres). Au total, cela nous est revenu à environ 1000 $ ;
  • Location de la remorque : 399 $ (en vrai, c’était un peu plus mais une erreur du système informatique d’U-Haul a joué en notre faveur. La remorque a été enregistrée au point d’arrivée, deux semaines avant l’arrivée) ;
  • Nourriture : nous avons cuisiné presque tous les jours et ne nous sommes rendus que quelques fois au restaurant, ce qui a limité les coûts. Je dirais donc environ 800 $ (que nous aurions de toutes manières dépensés même sans le voyage) ;
  • Pass pour les parcs nationaux : 136 $ (mais valable pour un an et pour tous les parcs nationaux) ;
  • Activités : nous avons fait une excursion en zodiaque pour observer les baleines à Tadoussac (130 $ pour deux), une randonnée guidée au Parc provincial Dinosaur (50 $ pour deux) et une excursion en bateau sur le lac Maligne (120 $ pour deux). Nous avons également dû payer les entrées de quelques parcs provinciaux.
Saskatchewan
S'aimer, c'est regarder la même remorque dans le rétro.

À refaire…

On referait exactement pareil ! Non, en vrai, on allongerait le voyage d’encore au moins deux bonnes semaines pour pouvoir encore plus prendre notre temps. Surtout qu’à l’heure d’écrire ces lignes, nous sommes au début de la période d’auto-isolement de 14 jours imposée par le Nouveau-Brunswick aux personnes venant de l’extérieur de la province. Nous ne découvrons de Moncton que ce que nos fenêtres nous en laissent voir. Autant dire qu’on décompte les jours avant nos prochaines escapades!

Et vous, ça vous dirait de traverser le Canada d’un bout à l’autre ? Cap’ ou pas cap’ de rouler de si longues distances ?

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