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Nos premiers pas à Moncton

Voici déjà quelques mois que nous sommes installés à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Il est donc plus que temps d’écrire un premier article sur notre nouvelle province, bien différente du Yukon, certes, mais qui ne manque pas de charme ! Pourquoi nous avons décidé de quitter le Yukon ? Pourquoi nous avons choisi de vivre à Moncton ? Comment s’est passée notre installation ? Dans cet article, je réponds aux questions les plus fréquentes que vous me posez sur Instagram.

Si vous voulez en savoir plus sur notre traversée du Canada d’Ouest en Est cet été, c’est par ici.

Baie Fundy
Baléares ? Corse ? Non ! Nouveau-Brunswick ! Les jolis sentiers côtiers de la province nous séduisent chaque semaine.

Pourquoi nous avons décidé de quitter le Yukon ?

Quitter le Yukon a été un choix de raison plutôt que de cœur, c’est certain. Les montagnes, le silence et les espaces infinis nous manquent. Le froid nous manque. La lumière de l’hiver nous manque. Roucky me manque. Mais voilà : 2200 $ de loyer chaque mois, auxquels s’ajoutent 400 $ de chauffage et d’électricité, et des maisons qui se vendent en moyenne 500 000 $, nous ont poussé à aller voir ailleurs si l’herbe était plus accessible.

Alors oui, on aurait pu vivre dans un chalet sans eau ni électricité pour faire des économies. Mais est-ce qu’on en avait l’énergie, à 35 ans ? Non. On aspirait à plus de confort que ce que le Yukon pouvait nous offrir.

Et puis, on avait envie de facilité, de choix et de douceur. Car la beauté du Yukon a un prix, celle de la brutalité des éléments, du inReach à configurer avant chaque sortie, du spray anti-ours à ne jamais oublier, de la hache à toujours laisser dans la voiture. Au Yukon, une « promenade facile », c’est 500 mètres de dénivelé, dont la moitié sans aucun chemin dessiné, le tout sans connexion téléphonique et entourée de millions de moustiques voraces. Alors oui, c’est beau. Mais une balade à la mer, c’est beau aussi.

Si vous voulez en savoir plus sur les avantages et les inconvénients de la vie à Whitehorse, je vous invite à lire cet article.

Julie et Séraphin
Une ville décontractée, bilingue, où il neige beaucoup l’hiver et où il fait chaud l’été ? C’est pour nous !

Pourquoi nous avons choisi de vivre à Moncton ?

Nous voulions acheter une maison afin de pouvoir la meubler comme nous le souhaitions, disposer d’un jardin, de chambres d’amis et d’un endroit où brasser notre bière. Moncton, qui se classe régulièrement parmi les villes les plus abordables du Canada, nous est vite apparue comme une destination de choix. Bien placée pour nous permettre d’explorer la côte Est canadienne (notamment la Gaspésie), mais aussi pour découvrir le Maine, New-York et même de descendre jusqu’à la Louisiane, Moncton nous offrait suffisamment de possibilités d’aventures tout en restant abordable.

Nous en étions là dans nos réflexions lorsque nous avons lu cet article, qui a terminé de nous convaincre. Une ville décontractée, bilingue, où il neige beaucoup l’hiver et où il fait chaud l’été ? C’est pour nous !

En mai 2020, je commence donc à chercher un emploi à Moncton, depuis Whitehorse. Et c’est là où les planètes s’alignent parfaitement : une organisation féministe francophone est justement à la recherche d’une nouvelle direction. Pile dans ma branche, pile dans mes compétences, pile ce que je n’aurais jamais osé imaginer en quittant la Belgique (en partant, je m’étais résolue à quitter un job parfait, et à ne plus jamais en retrouver un aussi bien). Je passe les entretiens, je décroche le job, et quelques semaines plus tard, nous voilà partis !

Nos premiers pas à Moncton

Quand on arrive dans une nouvelle ville, il y a des phrases qui reviennent sans cesse. À Vancouver, on nous disait tout le temps : « C’est un vaste terrain de jeux pour adultes ». À Whitehorse, c’était plutôt : « Vous verrez, les étés ici sont merveilleux ». À Moncton, on nous répète : « Ce n’est pas pour les paysages que l’on reste, c’est pour les gens ». Cela résume assez bien nos premières impressions sur la région.

Certes, les paysages ne sont pas aussi grandioses qu’à l’Ouest. On rigole souvent du fait qu’on est bien trop équipés quand on part randonner. Mais on n’a pas mangé aussi bien depuis notre arrivée au Canada. Et tous les gens que nous rencontrons nous donnent envie de rester.

Centre-ville de Moncton
Moncton se prononce comme bobonne, je sais c’est confondant.

Moncton en quelques chiffres

Moncton (qui se prononce comme bobonne, je sais c’est confondant, Yukon se prononce comme camion) se situe dans le Sud-Est du Nouveau-Brunswick. Avec ses 71 889 habitants, elle est la plus grande ville de la province. Le Grand Moncton englobe les villes de Dieppe (très franco) et Riverview (très anglo) et compte près de 140 000 habitants.

Fondée en 1766, la ville a connu plusieurs crises économiques qui ont façonné son architecture, enrichi sa culture et marqué son histoire. Sa devise ? « Resurgo », qui signifie « je me relève ». Depuis quelques années, grâce à une politique migratoire dynamique, la ville gagne en popularité, et de nouveaux petits commerces plus hype les uns que les autres ouvrent chaque mois.

La francophonie

Pour celles et ceux qui ne le savent pas, le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue du Canada. Près du tiers de la population néo-brunswickoise est francophone, principalement acadienne. Les Acadiens ont développé une culture et une identité propre bien différente des Québécois. On n’entend pas ici l’accent ou les expressions québécoises habituelles ! Mais ça parle souvent le chiac, un franglais chaleureux et efficace. Vous voulez entendre à quoi ça ressemble ? Je vous conseille d’écouter Radio Radio.

Bref, tout ça pour dire qu’on est bien content de pouvoir à nouveau parler français en tout temps. Plus que ça, on est heureux de renouer avec la culture francophone, le côté plus direct et franc des gens, leur hospitalité. Moins de politesses, plus de fêtes, quoi. (Enfin, quand on pourra voir plus de cinq personnes à la fois !)

Maison à Moncton
Nous, ce qu'on aime, c'est les vieilles maisons.

Et cette maison ?

Car c’est pour ça qu’on est venu, non ? Depuis la fin novembre, nous sommes les heureux propriétaires d’une jolie maison en bois en centre-ville, dans une rue calme majoritairement acadienne, à dix minutes à pied de mon travail, avec plein de chambres pour accueillir les copains, une belle cuisine pour leur faire de bons petits plats et un joli jardin pour Bobby, notre nouveau chat : que vouloir de plus ?

Nous adorons les maisons anciennes, les vieux parquets et les cheminées : pour nous il était hors de question de nous installer à Dieppe, où les nouvelles constructions poussent comme des champignons. Définitivement, nous aimons le charme des vieux quartiers de Moncton et notre maison de 1930 nous ravit chaque jour ! Plus tard, j’écrirai un article sur comment acheter une maison au Canada, c’est promis.

Côté boulot ?

Côté boulot, tout roule, tant pour moi qui peut enfin prétendre à un niveau professionnel égal à celui que j’avais en Belgique, que pour Séra qui a créé sa propre société de consultance en informatique et a déjà signé plusieurs contrats.

Sapin en hiver

Des points négatifs ?

Le plus pénible, comme à chaque déménagement, c’est l’administratif ! Le système de santé ici est particulièrement mauvais : il faut attendre plusieurs mois pour obtenir sa carte d’assurance maladie (la carte « Medicare »), sans laquelle les interventions médicales ne sont pas remboursées, et plusieurs années pour obtenir un médecin de famille ! Et j’espère sincèrement pour vous que vous n’avez pas besoin de consulter un psychologue, un dermatologue ou un gynécologue, encore moins de vous faire opérer.

L’échange de mon permis de conduire s’est quant à lui fait assez facilement, tout comme l’assurance de la voiture. Je pense qu’on devient pas mal bon, à notre troisième déménagement.

L’avenir

Nous ne savons pas encore combien de temps nous resterons à Moncton. Quelques années, c’est certain. Cinq ? Dix ? Vingt ? Dans un an, nous pourrons faire notre demande de citoyenneté canadienne. C’est notre objectif. La suite ? On verra où le vent nous porte !

Vous voulez lire le bilan de notre immigration après deux ans ? C’est ici.

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