Oiseau sur un sapin
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Immigration au Canada : le bilan après un an

Il y a un an jour pour jour, nous débarquions à Vancouver, avec nos quatre valises, un papier avec l’adresse de notre Airbnb et pas grand-chose d’autre. Un PVT pour Séra, un statut de touriste pour moi. On découvrait la ville, en s’arrêtant tous les dix mètres pour photographier les buildings, les bus scolaires, les camions, les publicités, les panneaux routiers (ok, je photographie toujours les bus scolaires). On s’étonnait de tout, de la politesse des gens, des paysages, de la nourriture, des rues si organisées, de l’odeur de la weed un peu partout, des gros pick-ups et des pubs pour la chirurgie esthétique sur les abribus.

Très vite, on a trouvé un appartement, du boulot, on s’est fait des copains (si ça t’intéresse, je raconte tout ça ici). On a apprivoisé cette grande ville, on a testé pas mal de restos et de bars, on s’est levé tôt pour escalader les montagnes, on a fait du bénévolat parce que c’est normal ici, on a arrêté de râler sur la qualité du pain et du fromage, on a appris à dire combien on mesure en feet. On a essayé tous les musées de la région parce qu’on avait des pass gratuits, on a joué les touristes, et aussi les touristes blasés. On a aimé cette ville, on l’a détestée aussi. Entre-temps, on a obtenu notre RP, on a repassé nos permis de conduire (vive la Belgique !), on a acheté une voiture.

Un an après notre déménagement au Canada, où en est-on ? Avons-nous atteint nos objectifs ? Dans cet article, on fait le bilan. (Calmement, en s’remémorant chaque instant) (Il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que moi qui aie la chanson en tête) (Tu ne vois pas de quelle chanson je parle ? Tu es trop jeune, va-t’en).

Julie et Séraphin au Canada
Coucou !

Objectif n°1 : devenir parfait bilingue

Hum. Comment dire ? Bof. On avait choisi de venir dans une région anglophone pour booster notre anglais. Mais je travaille dans le milieu francophone depuis mon arrivée ici (dans la communication, et dans l’enseignement du français), et Séra a gardé son travail en Belgique pendant onze mois. Nos amis ici sont francophones (par facilité probablement). Au final, nous pratiquons assez peu l’anglais, mis à part avec nos équipes d’Ultimate Frisbee, nos voisins et lorsque nous sortons. Alors, oui, nous avons progressé : il ne m’arrive (presque) plus jamais de ne pas comprendre ce qu’on me dit et je lis maintenant couramment en anglais. Mais de là à être bilingue… Il y a encore du boulot ! Prochain objectif : suivre les cours d’anglais gratuits proposés par le Gouvernement aux nouveaux immigrés au Canada (Programme LINC), puisque maintenant que je suis résidente permanente, j’y ai droit.

Objectif n°2 : explorer de nouvelles pistes professionnelles

Ça n’a pas été de tout repos, on est passé par des hauts et des bas, mais clairement, oui, objectif atteint. Mon boulot en Belgique était vraiment exceptionnel, avec une équipe en or et un bon salaire, c’est donc parfois difficile pour moi de recommencer « en bas de l’échelle », avec peu de responsabilités. Mais j’ai trouvé rapidement du boulot dans mon domaine, ce qui est déjà bien. J’ai également fait de belles rencontres et pu me lancer comme enseignante de français langue étrangère (au Collège Educacentre). Bref, cette année m’a permis d’apprendre de nouvelles choses, de rompre avec mon train-train quotidien et de mieux me connaitre, tout en me faisant une première expérience professionnelle au Canada.

Séra a quant à lui un peu galéré. Il a continué à travailler pour son précédent employeur en Belgique pendant onze mois, avant d’enfin trouver un boulot au Canada. Il a décidé de réorienter sa carrière en arrivant ici, passant de gestionnaire de projets IT à programmeur (l’idée étant de se diriger vers un métier de plus en plus nomade). Au final, il a atteint pleinement son objectif : devenir développeur au Canada.

A la conquête de l'Amérique !

Objectif n°3 : changer de vie

Bon, là, clairement, objectif atteint. Même si on se rend compte qu’on a tendance à vite se réinstaller dans des routines et à overbooker nos agendas comme avant (si toi aussi tu es hyperactif, tape dans les mains), nos vies sont totalement différentes. On a troqué les week-ends festifs et souvent trop alcoolisés (bah oui) contre des magnifiques randos et des soirées autour du feu. Finis, les soupers avec les copains qu’on continue à voir surtout par habitude. Finies, les obligations, les contraintes. On fait ce que l’on veut, quand on veut (et ça implique souvent du camping. Ok, et des bières). Bon, à côté de ça, nos proches nous manquent beaucoup. Mais on prend le temps de les appeler chaque semaine, on se parle beaucoup par message. Finalement, certaines relations gagnent en profondeur. Il y a un tri qui se fait naturellement. On se rapproche d’amis dont on s’était un peu éloigné. On prend de la distance par rapport à d’autres. On évolue, et nos relations aussi.

La vie ici est différente. Je peux me promener en mini-short et décolleté plongeant à deux heures du matin dans une rue sombre, et personne ne m’ennuiera. Je me sens en sécurité, partout, même dans les coins les plus « difficiles » comme East Hastings. Les toilettes sont souvent mixtes, l’inclusion des femmes dans le sport est une priorité pour de nombreux clubs, les politiques antidiscrimination au travail sont fortes : pour la féministe que je suis, c’est un petit paradis. Et puis la ville est tellement inclusive, bien pensée, avec ses pistes cyclables qui la sillonnent de toute part et son réseau de transports en commun efficace et rapide.

A côté de ça, on n’en peut plus du bruit, surtout dans les restos : les gens parlent très fort, il y a tout le temps de la musique, des télés allumées qui diffusent les derniers matchs, bref, c’est l’enfer pour les gens qui aiment le silence, comme moi. Et la nourriture nous rend souvent dingue : mais pourquoi mettre autant de sucre dans tout ?

Séra au Canada
Nager dans la mer un 1er janvier, est-ce vraiment une bonne idée ?

Objectif n°4 : avoir plus de temps pour nous

Objectif atteint plus ou moins, va-t-on dire. Le cout de la vie est vraiment élevé, ici. Et les jobs pas si bien payés. Du coup, j’ai dû accepter plusieurs emplois pour gagner ma vie correctement : un job à 32h/semaine, plus un contrat free-lance de 8h/semaine et des cours de français (6h/semaine). Ce qui me faisait de grosses semaines, en comparaison avec la Belgique. Mais le fait d’avoir moins d’obligations sociales nous a permis de dégager plus de temps pour notre développement personnel. J’avais pour ma part pour objectif de lancer ce blog : c’est chose faite ! Je souhaitais également m’initier à différents langages de programmation, ce que j’ai pu commencer à mettre en place grâce à Ladies Learning Code. Enfin, je voulais avoir plus de temps pour écrire, peut-être commencer un roman… Et là, on est d’accord que je n’en suis nulle part (mais bon, ça fait 20 ans que je procrastine donc ça ne m’étonne pas vraiment non plus). Séra a quant à lui mis ce temps à profit pour se former à la programmation, avec un job à la clef.

Séra et Julie au Canada
Nos week-ends sont différents.

Objectif n°5 : vivre plus près de la nature

Bof. Alors oui, on a beaucoup beaucoup plus de possibilités de s’évader le week-end, car les alentours de Vancouver sont juste magnifiques. Mais cela reste une grosse ville, avec sa pollution (relative quand même), son bruit, ses gens pressés et très accaparés par leur carrière. Bref, on se sent plus près de la nature, mais pas vraiment non plus.

Et la suite, alors ?

Celles et ceux qui me suivent sur Instagram le savent : on déménage à Whitehorse, dans le Yukon, à 2500 kilomètres au Nord de Vancouver. J’ai trouvé un emploi au sein de l’association franco-yukonnaise. A nouveau, pas de grosses responsabilités, mais une équipe qui semble super chouette. Et c’est le Yukon, là où je rêve d’aller depuis le début. Pourquoi ? Pour l’expérience. Vivre au rythme des saisons, être plus proche de la nature, connaitre enfin le vrai Canada, celui des grands espaces (et des -40°). Je vous avoue que ce changement me fait quand même un peu peur, le froid, l’isolement, tout ça (il se peut que mes prochains articles soient écrit avec un logiciel de reconnaissance vocale, mes doigts gelés étant tombés par terre). On démarre en voiture pour le Yukon le 18 septembre, et on a hâte de vivre cette nouvelle aventure !

De nouveaux objectifs ?

Oui, plein. Apprendre de nouvelles choses. Vivre plus près de la nature. Continuer d’explorer le monde et de faire vivre ce blog. Ecrire un livre (oui, je sais). Reprendre la danse. Apprendre un langage de programmation. Lancer des formations pour aider les autres à créer leurs blogs ou sites internet. Survivre à l’hiver. Rencontrer des personnes inspirantes. S’aimer. Cuisiner davantage. Méditer davantage. Arrêter de faire des listes.

Séra trouve que cet article manque d’une conclusion. Alors, je vous offre une citation.

Citation Ford

Je m’appelle Julie, j’ai 34 ans, je suis Belge. Aujourd’hui, je vis à Whitehorse, au Canada. Journaliste de formation, passionnée par les voyages, je partage ici mon quotidien et mes découvertes. Ah oui, je suis aussi très féministe et très accro au chocolat (mais je me soigne car ça coute cher à envoyer de Belgique).

25 commentaires

  • Sylvie Allouche

    Premier article que je lis de toi Julie. Sympa de connaître ton expérience et j’adore ton humour. Vous partez la veille de ma cérémonie de citoyenneté, je m’en souviendrai et vous souhaiterai bon voyage mentalement (si tu ressens un sourire, ce sera moi). J’ai hâte de découvrir à travers toi la vie au Yukon. Tu voudrais écrire sur quel sujet ton livre ?

    • Julie

      Oh super, tu vas avoir ta citoyenneté tout bientôt. Merci pour les pensées :). J’aimerais écrire un roman, mais j’aimerais aussi rassembler des récits de femmes aventurières, afin de donner des modèles aux petites filles.

  • Océane

    Génial ce bilan de cette première année au Canada. Impressionnant !!
    Vous pouvez être fière de vous pour tous ce que vous avez accomplis jusqu’à présent. Je vais suivre tes aventures au Yukon, car c’est une province que je rêve de plus en plus de découvrir.

    Vous avez eu très tôt la RP en fait (dès votre 1 ère année sur le territoire) ? Surement qu’ailleurs qu’au Québec c’est plus rapide.

    • Julie

      Merci Océane 🙂 On a fait notre demande de RP avant de partir, depuis la Belgique. Oui, dans les provinces anglo, on a le programme « Entrée Express » qui peut octroyer sous certaines conditions la RP en moins de six mois. Et vous etes les bienvenus en vacances chez nous à Whitehorse si vous voulez essayer 🙂

  • Fringinto

    Génial tout ce que vous avez accompli en seulement un an ! On a pas idées à quel point notre vie va être chamboulé, entre ce qu’on imagine, ce qu’on espère et tout ce dont on n’avait même pas osé rêver !
    J’ai hâte de voir la suite et votre nouvelle aventure dans le Yukon !

    Bonne continuation,
    Astrid

    • Julie

      Merci Astrid. C’est clair, c’est beaucoup de chamboulements ! C’est pour ça qu’on trouve ça important de mettre par écrit nos objectifs (on se fait des « team building » de couple :D), et de les relire après. Voir le chemin parcouru, ce qu’il reste à faire. Et super pour ton projet aussi, j’ai hâte de suivre ça !

  • Déborah

    N’oublie pas que si vous avez trop froid, vous pouvez venir vous réchauffez à Palm Springs. 😉 Je me réjouis de lire la suite de tes aventures (je viens de lire ton post assise dans l’avion à Toronto qui me ramène en Cali).

  • tazrout

    C’est magnifique votre aventure au Canada. Vraiment votre récit est sensationnel ! Il nous transporte comme dans un rêve pour la découverte d’un pays vaste qu’on peut qualifier de nouveau continent.

  • Marioncoon

    Coucou Julie ! Il est super chouette ton article sur le bilan des un an ☺️nous arrivons dans quelques semaines maintenant avec notre PVT et la RP en cours… Même programme que vous quand vous êtes arrivés… C’est rigolo nous avons pas mal de points communs à lecture de ton article… J’ai beaucoup ri au sujet du passage des hyperactifs hyperplanificateurs et dîners d’obligations… Sincèrement j’ai hâte de me dégager de ça en partant 😱 et le roman en attente depuis une vingtaine d’années, le blog, la programmation… La même 😁
    Enfin bref. J’ai super hâte de suivre vos aventures dans le Yukon parce que nous aussi ça nous a quand même traversé l’esprit (mais on reste raisonnable au final pour nos débuts 😂) et surtout bravo à vous pour ce superbe parcours.
    Marioncoon

    • Julie

      Salut Marion. Merci beaucoup, contente que ça t’ai plu. Vous devez être excités ! Je ne crois pas qu’on aurait survécu en arrivant au Yukon directemment :D. Mais venez nous dire bonjour à Whitehorse quand vous serez installés : on a une chambre d’amis. Bisous et bon déménagement/installation/nouvelle vie !

  • Mag

    Bonjour Julie,

    Avec mon conjoint, nous sommes développeur web, tout comme Séra. Est-il « facile » de trouver un emploi dans ce domaine?
    Tu dis que tu avais un visa touriste avant la RP, y-a-t-il une raison en particulier?
    Nous avons 3 enfants, Julia 10 ans et nos jumeaux qui ont 6 ans, nous devons donc partir avec un visa qui tient la route, nous n’avons pas vraiment droit à l’erreur. Entre le moment où tu as envoyé tes documents et l’accord pour ton visa, il a fallu combien de temps?
    Merci vraiment pour ce site, il est vraiment magnifique et étant un ancien photographe, tu me donnes vraiment envie de partir vers Vancouver.

    Merci à toi
    Magalie

    • Julie

      Salut Mag,

      Désolé, je n’avais pas vu ton message. Séra a eu pas mal de difficulté à trouver un boulot en arrivant à Vancouver, la concurrence est assez importante. Il faut en moyenne 4 à 6 mois, selon les témoignages que j’ai recueilli. Mais tout dépend de votre niveau d’anglais, de votre expérience, etc. Certains trouvent en une semaine ! Je suis arrivée avec une visa de touriste car ma RP n’était pas encore validée. J’ai eu la confirmation en février. Il a fallu six mois pile poil pour obtenir ma RP via le programme des travailleurs qualifié d’Entrée Express. J’espère que ça vous aide un peu… Bonne journée, et n’hésite pas si tu as des questions !

  • Jennifer

    Bonjour Julie, est-il possible de travailler en Colombie Britannique (notamment à Vancouver où je rêve de m’installer si ma demande de résidence permanente aboutit) avec un diplôme d’ingénieur obtenu en France? Ou faut-il absolument retourner à ‘luniversité et passer un master la-bas?

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