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Immigration au Canada : le bilan après deux ans

Il y a tout juste deux ans, je me dépêchais de finir de travailler pour filer jusque Point Roberts, le poste frontière le plus proche de Vancouver. Nous venions en effet de recevoir par la poste la confirmation de notre résidence permanente, et nous devions nous prêter au jeu du tour du poteau pour valider notre nouveau statut.

Deux ans et demi après notre immigration au Canada, où on en sommes-nous ? Avons-nous atteint nos objectifs ? Nous sentons-nous intégrés ? Aimons-nous toujours notre pays d’adoption ? Dans cet article, je fais le bilan de ces années riches en émotions.

Traverser le Canada
En deux ans, on a eu le temps de vivre "quelques" aventures au Canada.

Objectif n°1 : Toujours plus d’aventures !

Waouh, que de chemin(s) parcouru(s) en deux ans ! Nous avons quitté Vancouver pour Whitehorse, puis Whitehorse pour Moncton. Nous avons fait du kayak avec des orques, photographié des grizzlis et je me suis liée d’amitié avec un renard. Nous avons randonné, encore randonné, toujours randonné, tellement randonné que Séra a fini par adorer ça. Nous avons dévalé les pises de skis de Vancouver (enfin, surtout Séra, je dirais pour ma part que j’ai glissé tranquillement) et nagé dans les lacs du Yukon. Nous avons traversé le Canada d’un océan à l’autre. Parcouru la Dempster Highway. Dormi au cercle polaire. Traversé des rivières de glace.  Vu le soleil de minuit et les aurores boréales. Aménagé notre voiture pour y dormir. Survécu à -40°.

Je me suis également mise au ski de fond. J’ai dit des phrases comme : « Oh, il fait bon ce matin, seulement -15° ». J’ai vu le soleil se lever sur le lac Louise et touché des os de dinosaure. J’ai goûté de l’orignal. J’ai senti les morsures du froid et la chaleur du feu.

Bref, en ce qui concerne l’aventure, notre objectif a été atteint ! Nous avons vécu des choses extraordinaires ces dernières années, malgré la pandémie mondiale. Nous avons rencontré des personnes exceptionnelles, inspirantes, qui nous ont permis de rêver toujours plus grand. Nous nous laissons porter par notre instinct et cela fonctionne à merveille, jusqu’à présent.

Julie Gillet à Mary's Point, Nouveau-Brunswick
Je pose avec un air inspiré en regardant vers l'horizon (c'est une métaphore pour l'avenir).

Objectif n°2 : Plus de temps pour nous

Avoir plus de temps pour nous était l’un de nos principaux objectifs en nous lançant dans un processus d’immigration au Canada. Et bien, nous avons réussi !

On a échangé les week-ends festifs contre des magnifiques randos, et les obligations sociales contre la liberté de faire ce que l’on veut, quand on veut. Le revers de la médaille, c’est que nos proches nous manquent, surtout en cette période difficile où les voyages en Europe sont impossibles. Mais nous ne regrettons jamais notre choix !

Depuis que nous sommes arrivés au Canada, je n’ai jamais habité à plus de quinze minutes à pied de mon bureau : un gros changement par rapport à mes deux heures de train quotidiennes pour me rendre à Bruxelles. Ce que je fais de ce temps gagné ? J’écris plus, sur ce blog et ailleurs, puis je me suis inscrite à un cours de danse, ce que je m’étais promis depuis longtemps.

Séra, lui, a enfin pris le temps de commencer l’apprentissage de la musique. Après un an de piano à Whitehorse, il suit maintenant des cours de guitare et de chant.

Objectif n°3 : Des jobs qui nous épanouissent

Les débuts n’ont pas été si faciles. Mes premières jobs m’offraient moins de responsabilités et un salaire (beaucoup) moins attractif qu’en Belgique. J’ai d’abord occupé un poste de responsable de la communication à Vancouver puis un autre d’agente de projets dans le Yukon, tout en enchainant les contrats de free-lance à droite et à gauche. Il m’aura fallu deux ans pour trouver un emploi qui corresponde à mes aspirations, à mes compétences et à mon expérience. Aujourd’hui, j’ai pris la direction d’un organisme féministe : une job en or qui me permet de m’épanouir et d’apprendre chaque jour, entourée de personnes exceptionnelles.

Pour Séraphin aussi, les débuts ont été difficiles. Alors que nous avions choisi Vancouver en partie pour la promesse de trouver facilement un bon job dans son domaine, il lui aura fallu un an avant de trouver un boulot de développeur au salaire bien en dessous du marché.

Aussi, nous avons créé nos sociétés et Séra vit de la sienne aujourd’hui. J’ai commencé à publier des chroniques féministes pour un média canadien. J’ai toujours envie d’écrire un livre, et peut-être pour la première fois de ma vie, je sais enfin de quoi il va parler. Ne reste plus qu’à trouver le temps de l’écrire.

Julie Gillet
Objetif 2021 : écrire un livre ?

Objectif n°4 : Devenir bilingue

HAHAHAHA ! Je crois que ceci est la seule réponse possible me concernant. Pourtant, nous avions décidé de nous installer dans des régions anglophones expressément pour améliorer notre anglais. Hélas, pour ma part, je travaille en français depuis plus de deux ans et demi, et rencontre principalement des francophones. Bref, tout ça pour excuser le fait que je suis toujours aussi mauvaise. Bon, un peu moins peut-être. Mais toujours mauvaise.

Pour peut-être enfin un jour l’être un peu moins (surtout que cela me complexe beaucoup dans le cadre de mon emploi), je suis depuis quelques mois les cours d’anglais gratuits proposés par le gouvernement aux nouveaux immigrés au Canada (Programme LINC), ainsi que les cours proposés par le CAFI à Moncton.

Par contre, aujourd’hui, je parle un tiers français de Belgique, un tiers québécois, un tiers chiac (et à part le gars du drive-thru du Tim’s, la plupart des gens me comprennent).

Objectif n°5 : Une intégration réunie

Nous avons décidé de poser nos bagages pour quelques années, pour nous donner la chance de respirer et de construire. Nous avons acheté une maison et découvert une communauté acadienne accueillante et bienveillante. Nous avons adopté un chat. Nous nous faisons des amis, petit à petit (pas évident en période COVID-19). Bref, je pense que nous nous intégrons bien, même si nous nous émerveillons toujours devant les écureuils (ce qui fait bien rire les Canadiens).

Bobby le chat
Nous avons beaucoup de chance : nous avons adopté le plus gentil chat du monde.

La suite ?

Nous venons d’acheter une maison et d’adopter un chat, nous n’allons pas décoller de sitôt ! L’idée est de nous construire des habitudes ici, de nous sentir bien et de nous faire des amis. De continuer à nous épanouir professionnellement et nous intégrer dans notre nouvelle communauté. D’ici un an, nous pourrons commencer les démarches pour notre citoyenneté canadienne. Après ? On verra, comme d’habitude. Nous ne sommes pas très doués pour nous projeter à long terme et préférons nous laisser guider par nos rencontres et découvertes.

De nouveaux objectifs ?

Cette année, j’ai surtout décidé de m’enlever des objectifs. Par exemple, j’ai pris la résolution d’arrêter la méditation et le yoga, parce que ça m’ennuie profondément, tout bien réfléchi. J’arrête également de m’éparpiller et de lancer des dizaines de projets. Je me concentre sur ma job, sur les personnes que j’aime et sur ce qui me fait du bien : le sport à haute intensité, l’écriture, la lecture, la cuisine et mon chat. Et explorer l’Est du Canada, bien entendu !

Si vous voulez en savoir plus sur mon parcours d’immigration, allez faire un tour ici. Vous pouvez également lire le bilan de mon immigration au Canada après un an.

Nouvelle-Ecosse
Au programme cet été : découverte des plages de la région !

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