Julie, une fois

Julie, une fois

Todi-sol-voye, comme dirait ma mamy.

Rêver

Partir en Australie et ramener un kangourou

Giliane est une pétillante trentenaire qui adore voyager (« surtout lorsqu’il s’agit de soleil, d’eau et de palmiers », précise-t-elle). L’année dernière, son PVT en poche, elle s’en est allée découvrir l’Australie…

Giliane est une pétillante trentenaire qui adore voyager (« surtout lorsqu’il s’agit de soleil, d’eau et de palmiers », précise-t-elle). L’année dernière, son PVT en poche, elle s’en est allée découvrir l’Australie pendant un an. Enfin, ça, c’était le plan… avant qu’un kangourou-surprise ne vienne tout chambouler. Découvrez sa folle aventure.

Giliane en Australie

Il doit être à peu près 23 h, nous sommes au mois de décembre et j’attends le bus qui m’amène de Liège (Belgique) à l’aéroport. Il pleuvine et je souris bêtement en me disant que c’est peut-être la dernière fois que la pluie me tombe dessus. Le plus dur, c’est de monter dans le premier avion. Je survole un dégradé de brun, de vert , de bleu et parfois même de rouge… Après une halte à Taipei et 35 heures de trajet, j’arrive à Brisbane. Je passe la douane pleine d’assurance mais le chien qui m’accueille et renifle mon sac en décide autrement et m’arrête de suite. Je vais être fouillée. Je fais la liste mentale de mes amis et me demande lequel aurait pu me faire la mauvaise blague de laisser un souvenir dans mes bagages. Une mandarine ! Celle que j’ai cherchée dans mon sac durant le vol, histoire de me « rafraîchir ». J’éclate de rire, du grand « Giliane » ; l’avenir m’apprendra que je ne suis pas au bout de mes surprises et qu’apparemment, je suis mon meilleur public. Le douanier, lui, rigole beaucoup moins. On ne rentre pas en Australie avec de la nourriture qui ne provient pas du territoire.

Le temps des découvertes

Je sors de l’aéroport. Judith, une amie Liégeoise qui vit en Australie et a la double nationalité maintenant, m’attend depuis plus d’une demi-heure. Je lui explique mon arrivée, on en rit et on démarre. Et voilà mon premier contact avec les Australiens et la culture du bon café le matin (ils sont incollables sur tout ce qui est à base de caféine). Leur accent te donne l’impression, même après dix ans d’apprentissage de la langue, de recommencer ton premier jour de maternelle. Là-bas, le soleil se lève à quatre ou cinq heures du matin, les journées commencent très tôt et c’est une bonne chose, d’apprendre à prendre le temps. Les bars ferment vers deux heures du matin. Pas d’after au Petit Bougnat, au début ça fait bizarre. Premier contact aussi avec la politesse, le « mate » à toutes les sauces : les australiens font toujours suivre leur bonjour d’un « how are you doing today mate ? ». Je découvre la circulation dans l’autre sens, les longues routes sans habitation…

Pour fêter mon anniversaire, Judith m’emmène au plus bel endroit que j’ai vu sur cette terre jusqu’à présent : Noosa Head. C’est la première fois de ma vie que je dois mettre de la crème solaire le jour J et que je vois des poissons passer entre mes jambes au travers d’une eau translucide. La première semaine se termine.

De Brisbane à Sydney

Ensuite, une fois adaptée au nouveau fuseau horaire, je pars en solo. Nous sommes à la mi-décembre. Je visite d’abord une partie du Queensland : Brisbane, qui ressemble étrangement à Liège, séparée en deux par un cours d’eau et avec son architecture similaire. Mais une fois éloignée du centre et sous le soleil, j’oublie vite la Cité Ardente. Je me rends ensuite à Byron Bay, l’endroit-trop-cool-avec-des-hippies-surfeurs-et-des-mangeurs-de-graines-d’Australie. Bon, les plages sont magnifiques, les paysages aussi. C’est rempli de petits cafés hipster, de circulation mais aussi de backpackers de 19 ans. Je me sens quelque fois en décalage avec eux. Vagabonder sans but, c’est sympa quand tu sors de l’adolescence mais partager sa chambre avec cinq pré-adultes, ça l’est moins quand tu approches la trentaine et que tu es déjà habituée à ton confort.

On approche tout doucement de Noël et je m’en vais direction Sydney. Après une longue nuit en car, je prends le ferry et vais me reposer à Manly, à une heure du centre de Sydney. Je me baigne dans l’océan et je savoure, le temps d’une journée. Je reviens ensuite dans le centre et plus particulièrement dans le quartier LGBT, où j’essaye de me faire petite. Sydney est à la hauteur d’une grande ville, avec ses métros, ses trams, ses parcs, je ne suis pas trop dépaysée, soleil mis à part.

Niveau nourriture, je ne suis pas sûre qu’on puisse parler de gastronomie australienne. Les influences sont anglaises et américaines (burger, fish and chips, burger et pizza au burger) mais aussi asiatiques. Il est très facile de trouver des sushis et autre plats asiatiques et indiens à des prix très démocratiques. Le matin, cependant, beaucoup de cafés proposent des toasts aux avocats et œufs pochés, à déguster avec un bon café ou un chai latte, l’alternative healthy avant une journée de surf.

Aux deux extrêmes de la ville, il y a l’océan. Je découvre les quartiers de Sydney, les maisons colorées, les beaux arbres fleuris et aussi… les préaux. A la sortie des magasins, dans la rue, il y a toujours des préaux. J’imagine que ceux-ci protègent du soleil, pendant qu’en Belgique, tu te bats avec ton 14e parapluie de l’hiver car le 13e vient encore de se retourner ET de se casser sous l’effet de la pluie et du vent .

Travailler en Australie avec un PVT

Je fête le passage à l’an 2019 avant tous les copains qui se trouvent à l’autre bout de la Terre, les pieds dans l’océan, avec une impression de solitude et d’être toute petite mais en réalisant ma chance. Vient le moment de trouver un boulot. Je suis allée en Australie avec un Visa Vacances travail (PVT pour les intimes) qui permet de postuler dans beaucoup de domaines, principalement la cueillette dans les fermes mais aussi dans l’Horeca et la construction. En Belgique, on peut obtenir ce visa jusqu’au dernier jour précédant sa 31e année. Il est aussi possible de prolonger son PVT d’un an . Pour cela, il faut remplir certaines conditions : avoir accumulé un certain nombre d’heures de travail dans les fermes pour la cueillette, notamment. Il y a donc beaucoup de jeunes pvtistes en Australie et tout va très vite. Étant donnée l’offre, tu peux te retrouver sans travail au bout d’une semaine et ce sans la moindre explication. Les salaires sont perçus toutes les semaines, les loyers doivent être payés hebdomadairement également.

Début janvier, je trouve enfin un petit boulot et je retourne vivre à Manly durant un mois et demi. Chaque jour, après le boulot, je vais directement plonger dans l’océan. Je ne mets jamais de pull et je rencontre des gens de partout dans le monde. Je vis ma best life. Le problème, c’est le coût de la vie. Je vis en auberge de jeunesse et malgré le prix moins élevé qu’en colocation (je gagne à peu près 500 dollars par semaine et mon loyer me revient à 250 dollars à peu près), il m’est impossible de mettre de l’argent de côté pour continuer le périple. La nourriture revient plus ou moins au double du prix que nous connaissons en Belgique. Une sortie coûte 50 dollars pour deux mojitos et une « bière » australienne, certes rafraîchissante mais surtout très plate. Je travaille à peu près 20 heures par semaine, ce qui reste très peu et gagne un salaire peu élevé par rapport à l’ensemble des travailleurs. Par la suite, j’ai gagné le double de ce salaire et ai eu un très bon niveau de vie.

Direction : le milieu de nulle part

Hop, je poste donc une annonce pour trouver un nouveau job, reçois quelques propositions pour travailler dans des bars topless (je pensais avoir été sur un site d’offres d’emploi pourtant. Apparemment c’est courant, et même un peu oppressant : un sacré marché ces backpackers !). Finalement, je reçois une proposition pour travailler dans un bar/hôtel de passage pour les mineurs qui travaillent dans le coin , au milieu de Queensland, un peu plus haut que Brisbane.

Début mars, je prends mon sac, je mets mes dernières économies dans le voyage. Direction : le milieu de nulle part. Le pays est tellement grand qu’il m’a fallu prendre un avion durant deux heures et deux cars. Le deuxième car, je l’ai pris seule, avec le chauffeur. Le trajet a duré six heures, six longues heures à regarder défiler des paysages déserts, arides, la terre devenir de plus en plus rouge et apercevoir les premiers kangourous. Six heures durant lesquelles je repense à ma vie et me demande pourquoi je suis ce genre de fille qui agit PUIS réfléchit. J’arrive dans un décors de film, style Western, le soleil tape et surtout il n’y a pas grand-chose à faire à l’horizon… J’entre dans le bar, désert lui aussi et s’en suivent trois mois de boulot, confinée dans le Bush australien. La street cred là-bas consiste à assortir une merveilleuse vareuse de pêche type chemise dragon de la Batte à des bottes de cow-boys et à se déhancher sur les plus beaux titres de country… J’ai souffert intérieurement. Honnêtement, je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. J’ai pris sur moi en imaginant la côte Est, l’océan, les palmiers… Et puis, je voulais du dépaysement, je l’ai eu. J’ai découvert aussi le travail des mines,  l’Australie ne serait donc pas uniquement peuplée de beaux surfeurs blonds ! C’est aussi la malbouffe, les accrocs au pookies (les jeux hein), la country, les chevaux, les rodéos…  Je prends sur moi durant trois mois, je me dis que j’ai de la chance d’être au soleil et de voir tous ces beaux paysages mais une fois le contrat rempli, début juin je m’empresse de rejoindre Brisbane pour rendre une dernière visite à Judith avant de commencer mon fameux périple tant attendu.

 Surprise !

Depuis une semaine cependant, un truc me chipote : je suis constipée. Je me persuade que c’est la nourriture, différente de celle qu’on connaît en Europe, associée à une longue période de stress. Judith met les mains sur mon ventre puis prononce les mots je n’étais pas prête à entendre : « Gi, tu devrais faire un test de grossesse, ça me parait bizarre ». Je refuse d’y croire étant donné que j ‘étais « protégée » par une contraception (ne pas toujours croire tout ce qu’on lit !). Le lendemain, je me lève et, remplie de confiance, je passe ce test : le monde s’écroule sous mes pieds. On file à l’hôpital. Le verdict tombe : je suis « constipée » d’un enfant de sept mois qui respire, la tête en bas dans mon ventre et qui est en pleine santé. Mon ventre s’arrondit soudainement, ce petit bout peut enfin prendre la place qu’il devait prendre et se manifeste. Un milliard de questions se bousculent : « Comment peut-il être en pleine santé ? Pourquoi ça m’arrive à moi? Qu’est-ce que je fais, maintenant ? ».

Sept mois. Cet enfant est le fruit d’une rencontre de passage faite sept mois plus tôt, avant même mon départ en Australie. Est-ce que je dois rentrer ? Je trouve ça injuste de devoir assumer seule les « conséquences » d’un acte consenti. Je me demande si je dois rester là-bas, n’en parler à personne et me noyer dans l’océan. Peut-être serait-ce plus simple ? D’un autre côté, être à l’autre bout du monde et affronter ça, devenir soudainement mère de manière aussi brusque, ce n’est pas banal. Je décide de rentrer et de commencer cette nouvelle aventure en Belgique. Un déni de grossesse après le Bush australien, 2019, tu ne m’auras pas épargnée. 

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#2 Nager avec les tortues

Akumal, Mexique, décembre 2018. Disons que je suis vraiment fan des tortues. Et des tortues de mer en particulier. Je ne connais rien de plus apaisant que de nager avec…

Akumal, Mexique, décembre 2018. Disons que je suis vraiment fan des tortues. Et des tortues de mer en particulier. Je ne connais rien de plus apaisant que de nager avec elles et rien de plus mignon que des milliers de petites tortues battant des pattes pour rejoindre l’océan.

Tortue de mer.
« Je suis une tortue vraiment trop cool »

Me rendre sur la plage d’Akumal, située sur la Riviera Maya, entre Playa del Carmen et Tulum, était donc une étape incontournable lors de notre voyage dans la Péninsule du Yucatan au Mexique.

J’avais lu pas mal d’avis négatifs sur cette plage, son prix et son côté « fake ». Mais, personnellement, je n’ai pas été déçue, loin de là ! Certes, la plage n’est pas sauvage, et mieux vaut ne pas vous attendre à une réserve naturelle « à l’européenne ». C’est très touristique, et de nombreux Mexicains viennent ici chaque jour passer un peu de bon temps. Mais si vous voulez voir des tortues, allez-y !

Sur les quelques heures passées à barboter dans la mer, je dois avoir vu plus d’une dizaine de tortues, certaines (énormes) broutant tranquillement leurs algues, d’autres se laissant porter par les courants. J’ai aussi vu plusieurs raies, et des centaines de jolis poissons dans les coraux.

Le prix ? Nous avons payé chacun, après négociation, 150 pesos pour l’équipement (masque et gilet, ce dernier étant obligatoire pour nager au-dessus des coraux, afin de ne pas les abimer) et 100 pesos pour l’accès à la plage, soit à peu près 12 euros. Il existe des possibilités de faire des tours guidés, mais ce n’est pas vraiment nécessaire : il suffit de nager en suivant les petits flotteurs et de s’armer d’un peu de patience pour découvrir une grosse tortue mâchonnant tranquillement.

Ah oui, et pour préserver l’endroit, on oublie la crème solaire (mauvaise pour les coraux), on ne touche pas les tortues, on ne les stresse pas en nageant trop près d’elles : bref, on profite de la nature de manière responsable !

 

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C’est quoi, votre rêve le plus fou ?

Que ce soit parcourir le monde en stop, nager avec des dauphins au Mexique ou gouter à la meilleure pizza de Naples, nous rêvons toutes et tous de voyages et…

Que ce soit parcourir le monde en stop, nager avec des dauphins au Mexique ou gouter à la meilleure pizza de Naples, nous rêvons toutes et tous de voyages et d’expériences qui nous transforment.

Dans cette rubrique, je vous propose de raconter quelques-uns des rêves les plus insolites que vous avez pu réaliser… Et de partager tous vos bons plans avec celles et ceux qui voudraient en faire de même!

Si vous souhaitez participer à cette rubrique, n’hésitez pas à me contacter par mail à julie@julieunefois.be.

Et si on attrapait quelques-uns de nos rêves ?
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#1. Plonger dans l’eau glacée après un sauna à Stockholm

Hellasgarden, Stockolm, Suède. Mars 2016. Nous sommes au début du printemps, il ne fait pas encore bien chaud à Stockholm. J’ai rencontré un Couchsurfer très sympa, qui me propose une…

Hellasgarden, Stockolm, Suède. Mars 2016.

Nous sommes au début du printemps, il ne fait pas encore bien chaud à Stockholm. J’ai rencontré un Couchsurfer très sympa, qui me propose une escapade jusqu’au parc forestier de Hellasgarden, à quelques stations de bus du centre-ville. Objectif : vivre une expérience sauna « à la suédoise ». J’embarque un maillot, une serviette et nous voilà partis.

Quinze minutes plus tard, nous sommes arrivés. Après l’agitation de la capitale suédoise, découvrir le calme de cet immense lac, autour duquel serpentent de nombreux chemins et sentiers, est un vrai bonheur. Nous nous dirigeons vers le bâtiment non loin de l’arrêt de bus et nous acquittons d’une modique somme pour entrer (65 couronnes suédoises, soit un peu plus de six euros). Bon, mon maillot ne me servira à rien : le sauna suédois se pratique nu, et puis c’est tout.

Prêtes pour un sauna à Stockholm ?

J’entre dans l’espace réservé aux femmes, me déshabille et rejoins les Suédoises déjà assises dans le sauna principal. Tout ce petit monde papote et échange les dernières nouvelles avec bonne humeur. L’ambiance est détendue. De temps à autre, elles jettent une louche d’eau sur les pierres chaudes, faisant encore grimper la température de quelques degrés supplémentaires.

Une travailleuse du centre entre dans le sauna, et nous explique qu’elle va se livrer à une « cérémonie ». Plusieurs fois, elle jette de l’eau parfumée aux huiles essentielles sur les pierres. A l’aide d’une serviette humide, elle brasse ensuite l’air chaud vers nous, nous faisant transpirer à grosses gouttes.

Il est maintenant temps de rejoindre le lac glacé. Sur le ponton, je ne fais pas la maligne. Bon, le concept est simple : on descend vite fait par la petite échelle, on se trempe dans l’eau froide et on remonte fissa. Mais plus facile à dire qu’à faire, l’eau est vraiment froide, malgré ce qu’en pensent les quelques Suédois qui barbotent et nagent tranquillement, me regardant d’un air goguenard. Bon, je prends mon courage à deux mains et me lance, descend, plonge la tête sous l’eau et remonte le plus vite possible pour me réfugier dans ma serviette.

Comment ? Prendre le bus 401, de Slussen, et descendre à l’arrêt Hellasgarden. Ouvert toute l’année. Plus d’infos : http://hellasgarden.se/

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