Julie, une fois

Julie, une fois

Todi-sol-voye, comme dirait ma mamy.

Partir en Australie et ramener un kangourou

Giliane est une pétillante trentenaire qui adore voyager (« surtout lorsqu’il s’agit de soleil, d’eau et de palmiers », précise-t-elle). L’année dernière, son PVT en poche, elle s’en est allée découvrir l’Australie…

Giliane est une pétillante trentenaire qui adore voyager (« surtout lorsqu’il s’agit de soleil, d’eau et de palmiers », précise-t-elle). L’année dernière, son PVT en poche, elle s’en est allée découvrir l’Australie pendant un an. Enfin, ça, c’était le plan… avant qu’un kangourou-surprise ne vienne tout chambouler. Découvrez sa folle aventure.

Giliane en Australie

Il doit être à peu près 23 h, nous sommes au mois de décembre et j’attends le bus qui m’amène de Liège (Belgique) à l’aéroport. Il pleuvine et je souris bêtement en me disant que c’est peut-être la dernière fois que la pluie me tombe dessus. Le plus dur, c’est de monter dans le premier avion. Je survole un dégradé de brun, de vert , de bleu et parfois même de rouge… Après une halte à Taipei et 35 heures de trajet, j’arrive à Brisbane. Je passe la douane pleine d’assurance mais le chien qui m’accueille et renifle mon sac en décide autrement et m’arrête de suite. Je vais être fouillée. Je fais la liste mentale de mes amis et me demande lequel aurait pu me faire la mauvaise blague de laisser un souvenir dans mes bagages. Une mandarine ! Celle que j’ai cherchée dans mon sac durant le vol, histoire de me « rafraîchir ». J’éclate de rire, du grand « Giliane » ; l’avenir m’apprendra que je ne suis pas au bout de mes surprises et qu’apparemment, je suis mon meilleur public. Le douanier, lui, rigole beaucoup moins. On ne rentre pas en Australie avec de la nourriture qui ne provient pas du territoire.

Le temps des découvertes

Je sors de l’aéroport. Judith, une amie Liégeoise qui vit en Australie et a la double nationalité maintenant, m’attend depuis plus d’une demi-heure. Je lui explique mon arrivée, on en rit et on démarre. Et voilà mon premier contact avec les Australiens et la culture du bon café le matin (ils sont incollables sur tout ce qui est à base de caféine). Leur accent te donne l’impression, même après dix ans d’apprentissage de la langue, de recommencer ton premier jour de maternelle. Là-bas, le soleil se lève à quatre ou cinq heures du matin, les journées commencent très tôt et c’est une bonne chose, d’apprendre à prendre le temps. Les bars ferment vers deux heures du matin. Pas d’after au Petit Bougnat, au début ça fait bizarre. Premier contact aussi avec la politesse, le « mate » à toutes les sauces : les australiens font toujours suivre leur bonjour d’un « how are you doing today mate ? ». Je découvre la circulation dans l’autre sens, les longues routes sans habitation…

Pour fêter mon anniversaire, Judith m’emmène au plus bel endroit que j’ai vu sur cette terre jusqu’à présent : Noosa Head. C’est la première fois de ma vie que je dois mettre de la crème solaire le jour J et que je vois des poissons passer entre mes jambes au travers d’une eau translucide. La première semaine se termine.

De Brisbane à Sydney

Ensuite, une fois adaptée au nouveau fuseau horaire, je pars en solo. Nous sommes à la mi-décembre. Je visite d’abord une partie du Queensland : Brisbane, qui ressemble étrangement à Liège, séparée en deux par un cours d’eau et avec son architecture similaire. Mais une fois éloignée du centre et sous le soleil, j’oublie vite la Cité Ardente. Je me rends ensuite à Byron Bay, l’endroit-trop-cool-avec-des-hippies-surfeurs-et-des-mangeurs-de-graines-d’Australie. Bon, les plages sont magnifiques, les paysages aussi. C’est rempli de petits cafés hipster, de circulation mais aussi de backpackers de 19 ans. Je me sens quelque fois en décalage avec eux. Vagabonder sans but, c’est sympa quand tu sors de l’adolescence mais partager sa chambre avec cinq pré-adultes, ça l’est moins quand tu approches la trentaine et que tu es déjà habituée à ton confort.

On approche tout doucement de Noël et je m’en vais direction Sydney. Après une longue nuit en car, je prends le ferry et vais me reposer à Manly, à une heure du centre de Sydney. Je me baigne dans l’océan et je savoure, le temps d’une journée. Je reviens ensuite dans le centre et plus particulièrement dans le quartier LGBT, où j’essaye de me faire petite. Sydney est à la hauteur d’une grande ville, avec ses métros, ses trams, ses parcs, je ne suis pas trop dépaysée, soleil mis à part.

Niveau nourriture, je ne suis pas sûre qu’on puisse parler de gastronomie australienne. Les influences sont anglaises et américaines (burger, fish and chips, burger et pizza au burger) mais aussi asiatiques. Il est très facile de trouver des sushis et autre plats asiatiques et indiens à des prix très démocratiques. Le matin, cependant, beaucoup de cafés proposent des toasts aux avocats et œufs pochés, à déguster avec un bon café ou un chai latte, l’alternative healthy avant une journée de surf.

Aux deux extrêmes de la ville, il y a l’océan. Je découvre les quartiers de Sydney, les maisons colorées, les beaux arbres fleuris et aussi… les préaux. A la sortie des magasins, dans la rue, il y a toujours des préaux. J’imagine que ceux-ci protègent du soleil, pendant qu’en Belgique, tu te bats avec ton 14e parapluie de l’hiver car le 13e vient encore de se retourner ET de se casser sous l’effet de la pluie et du vent .

Travailler en Australie avec un PVT

Je fête le passage à l’an 2019 avant tous les copains qui se trouvent à l’autre bout de la Terre, les pieds dans l’océan, avec une impression de solitude et d’être toute petite mais en réalisant ma chance. Vient le moment de trouver un boulot. Je suis allée en Australie avec un Visa Vacances travail (PVT pour les intimes) qui permet de postuler dans beaucoup de domaines, principalement la cueillette dans les fermes mais aussi dans l’Horeca et la construction. En Belgique, on peut obtenir ce visa jusqu’au dernier jour précédant sa 31e année. Il est aussi possible de prolonger son PVT d’un an . Pour cela, il faut remplir certaines conditions : avoir accumulé un certain nombre d’heures de travail dans les fermes pour la cueillette, notamment. Il y a donc beaucoup de jeunes pvtistes en Australie et tout va très vite. Étant donnée l’offre, tu peux te retrouver sans travail au bout d’une semaine et ce sans la moindre explication. Les salaires sont perçus toutes les semaines, les loyers doivent être payés hebdomadairement également.

Début janvier, je trouve enfin un petit boulot et je retourne vivre à Manly durant un mois et demi. Chaque jour, après le boulot, je vais directement plonger dans l’océan. Je ne mets jamais de pull et je rencontre des gens de partout dans le monde. Je vis ma best life. Le problème, c’est le coût de la vie. Je vis en auberge de jeunesse et malgré le prix moins élevé qu’en colocation (je gagne à peu près 500 dollars par semaine et mon loyer me revient à 250 dollars à peu près), il m’est impossible de mettre de l’argent de côté pour continuer le périple. La nourriture revient plus ou moins au double du prix que nous connaissons en Belgique. Une sortie coûte 50 dollars pour deux mojitos et une « bière » australienne, certes rafraîchissante mais surtout très plate. Je travaille à peu près 20 heures par semaine, ce qui reste très peu et gagne un salaire peu élevé par rapport à l’ensemble des travailleurs. Par la suite, j’ai gagné le double de ce salaire et ai eu un très bon niveau de vie.

Direction : le milieu de nulle part

Hop, je poste donc une annonce pour trouver un nouveau job, reçois quelques propositions pour travailler dans des bars topless (je pensais avoir été sur un site d’offres d’emploi pourtant. Apparemment c’est courant, et même un peu oppressant : un sacré marché ces backpackers !). Finalement, je reçois une proposition pour travailler dans un bar/hôtel de passage pour les mineurs qui travaillent dans le coin , au milieu de Queensland, un peu plus haut que Brisbane.

Début mars, je prends mon sac, je mets mes dernières économies dans le voyage. Direction : le milieu de nulle part. Le pays est tellement grand qu’il m’a fallu prendre un avion durant deux heures et deux cars. Le deuxième car, je l’ai pris seule, avec le chauffeur. Le trajet a duré six heures, six longues heures à regarder défiler des paysages déserts, arides, la terre devenir de plus en plus rouge et apercevoir les premiers kangourous. Six heures durant lesquelles je repense à ma vie et me demande pourquoi je suis ce genre de fille qui agit PUIS réfléchit. J’arrive dans un décors de film, style Western, le soleil tape et surtout il n’y a pas grand-chose à faire à l’horizon… J’entre dans le bar, désert lui aussi et s’en suivent trois mois de boulot, confinée dans le Bush australien. La street cred là-bas consiste à assortir une merveilleuse vareuse de pêche type chemise dragon de la Batte à des bottes de cow-boys et à se déhancher sur les plus beaux titres de country… J’ai souffert intérieurement. Honnêtement, je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. J’ai pris sur moi en imaginant la côte Est, l’océan, les palmiers… Et puis, je voulais du dépaysement, je l’ai eu. J’ai découvert aussi le travail des mines,  l’Australie ne serait donc pas uniquement peuplée de beaux surfeurs blonds ! C’est aussi la malbouffe, les accrocs au pookies (les jeux hein), la country, les chevaux, les rodéos…  Je prends sur moi durant trois mois, je me dis que j’ai de la chance d’être au soleil et de voir tous ces beaux paysages mais une fois le contrat rempli, début juin je m’empresse de rejoindre Brisbane pour rendre une dernière visite à Judith avant de commencer mon fameux périple tant attendu.

 Surprise !

Depuis une semaine cependant, un truc me chipote : je suis constipée. Je me persuade que c’est la nourriture, différente de celle qu’on connaît en Europe, associée à une longue période de stress. Judith met les mains sur mon ventre puis prononce les mots je n’étais pas prête à entendre : « Gi, tu devrais faire un test de grossesse, ça me parait bizarre ». Je refuse d’y croire étant donné que j ‘étais « protégée » par une contraception (ne pas toujours croire tout ce qu’on lit !). Le lendemain, je me lève et, remplie de confiance, je passe ce test : le monde s’écroule sous mes pieds. On file à l’hôpital. Le verdict tombe : je suis « constipée » d’un enfant de sept mois qui respire, la tête en bas dans mon ventre et qui est en pleine santé. Mon ventre s’arrondit soudainement, ce petit bout peut enfin prendre la place qu’il devait prendre et se manifeste. Un milliard de questions se bousculent : « Comment peut-il être en pleine santé ? Pourquoi ça m’arrive à moi? Qu’est-ce que je fais, maintenant ? ».

Sept mois. Cet enfant est le fruit d’une rencontre de passage faite sept mois plus tôt, avant même mon départ en Australie. Est-ce que je dois rentrer ? Je trouve ça injuste de devoir assumer seule les « conséquences » d’un acte consenti. Je me demande si je dois rester là-bas, n’en parler à personne et me noyer dans l’océan. Peut-être serait-ce plus simple ? D’un autre côté, être à l’autre bout du monde et affronter ça, devenir soudainement mère de manière aussi brusque, ce n’est pas banal. Je décide de rentrer et de commencer cette nouvelle aventure en Belgique. Un déni de grossesse après le Bush australien, 2019, tu ne m’auras pas épargnée. 

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La vie quotidienne à Whitehorse

Vous décomptez les jours avant de donner votre la lettre de démission, les yeux rivés sur la photo des Rocheuses qui vous sert de fond d’écran ? Le dimanche, chez…

Vous décomptez les jours avant de donner votre la lettre de démission, les yeux rivés sur la photo des Rocheuses qui vous sert de fond d’écran ? Le dimanche, chez vous, c’est pancakes et sirop d’érable depuis des mois ? Vous savez ce que veulent dire les mots PVT, AVE et l’expression « faire le tour du poteau » vous est familière ? Excellent : il semblerait que vous soyez en train de préparer un projet d’immigration au Canada. (Oui, je sais, je suis une détective hors pair).

Que votre immigration soit encore un projet un peu vague ou que vous ayez un plan bien défini en tête, une question essentielle se pose : quelle ville choisir au Canada ? (Car non, il n’y a pas que le Québec). Petit rappel : le Canada couvre un immense territoire entre l’océan Pacifique, à l’ouest, et l’océan Atlantique, à l’est. C’est aussi grand que l’Europe, si l’on veut comparer. Vivre à Montréal n’aura donc rien à voir avec vivre à Vancouver : plus de 5000 kilomètres séparent les deux villes.

Alors, quelle ville choisir au Canada ? Avec un groupe de sept blogueuses francophones, toutes basées au Canada, nous vous proposons une série d’articles pour vous aider à faire votre choix. Cout de la vie, possibilités d’emploi, logement… : nous analysons chacune notre ville et en listons les avantages et les inconvénients.

Carte du Canada

Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas

Je m’appelle Julie, j’ai 34 ans, je suis Belge. Nous sommes arrivés au Canada en 2018 avec mon compagnon, Séraphin. Nous avons vécu un an à Vancouver avant de nous installer à Whitehorse, dans le Yukon (si vous voulez savoir pourquoi nous avons déménagé , c’est par ici). Nous sommes résidents permanents depuis février 2019. Journaliste de formation, passionnée par les voyages, je partage sur ce blog mon quotidien et mes découvertes, tout d’abord en Colombie-Britannique et maintenant dans le Yukon. Si vous voulez en savoir plus sur notre parcours d’immigration, je vous conseille de lire mes articles Immigration au Canada : mon expérience et  Immigration au Canada : le bilan après un an.

Femme devant un paysage de montagnes
Coucou, c'est moi !

Les autres articles disponibles

Parus :

Quelques infos sur Whitehorse

Whitehorse est la capitale du Yukon et la plus grande ville du nord du Canada. Montagnes majestueuses, torrents endiablés et plaines infinies en constituent les décors typique. La ville se situe au Nord-Ouest du Canada, à la frontière de l’Alaska. À cette latitude, les journées d’hiver sont courtes et les journées d’été très longues : jusqu’à 19 heures de lumière par jour. Whitehorse, comme le rapporte le Guinness World Records de 2013, est la ville dont l’air est le moins pollué du monde.

Nombre d’habitants : le recensement de 2016 dénombre 25 085 habitants à Whitehorse, dont 3 760 francophones. Le Yukon compte 35 000 habitants pour 500 000 km².

Langue majoritairement parlée : 80 % de la population parle anglais. On parle également tutchone, kaska ou gwich’in, les langues des peuples autochtones du Canada, nombreux dans la région. Enfin, à peu près 10 % de la population est francophone. La communauté francophone est soudée et fière de sa culture.

Fuseau horaire : Pacific Standard Time (UTC/GMT-8). Quand il est 9 h du matin ici, il est 18 h en Belgique.

Climat : le climat de la majeure partie du Yukon est subarctique, caractérisé par des hivers longs et froids et des étés courts et chauds. Il y fait généralement très sec. L’hiver, les températures descendent régulièrement en-dessous de -35°, voire -40° (pour savoir comment survivre à ces températures, c’est par ici). En été, il fait entre 10 et 20° en moyenne.

Atouts majeurs de la ville : la nature, bien sûr ! On vit à Whitehorse parce qu’il y a des aurores boréales et des courses de chien de traineaux. Que c’est immense, grandiose et silencieux. Que c’est festif et bouillonnant. Parce que la lumière est magique. Parce qu’on a de l’espace pour vivre et faire vivre ses rêves.

Expérience hivernale
La vie par -40° vous permettra de faire des expériences amusantes !

Le coût de la vie à Whitehorse

Comme partout ailleurs en Amérique du Nord, le cout de la vie est assez élevé.

Logement :

On ne va pas se mentir : trouver un logement à Whitehorse, c’est l’enfer. Pire qu’à Vancouver, c’est dire. Comptez au minimum 700 $ pour une chambre dans une colloc’, 1500 $ pour un basement (un appartement en sous-sol sombre et triste, en d’autres termes), 1800 $ pour un semblant d’appartement correct. Voir (beaucoup) plus. Le problème ? La population ne cesse d’augmenter à Whitehorse, sans que le marché immobilier suive. Résultat : l’offre est bien inférieure à la demande. Pour un topo complet sur le cout des logements dans le Yukon, allez faire un tour sur mon article Habitants du Nord cherchent logements désespérément.

Transports en commun :

Quels transports en commun ? Non, en vrai, il existe quelques lignes de bus. Le pass mensuel est à 62 $, les 10 tickets à 23 $.

Resto pour deux : 50$.

Abonnement mensuel au Centre des jeux du Canada, un magnifique complexe sportif intérieur doté de plusieurs patinoires, d’une piscine, de deux terrains de sport, d’une piste de course et de salles de fitness : 55 $ (oui, je l’adore !).

Prix d’un litre d’essence : 1.47 $/litre (mars 2020).

Salaire minimum au Yukon : 13,71 $ de l’heure.

Courses :

De manière générale, les supermarchés sont 10 à 20 % plus chers qu’en Belgique. Vous trouverez sur ce site une liste des prix mise régulièrement à jour. Le Yukon n’étant pas une province mais un territoire, il n’y a pas de taxe provinciale sur les achats. Seuls les 5 % de taxe fédérale sont applicables.

Connexion Internet : 65 $ pour un abonnement (très) basique.

L’emploi à Whitehorse

Le Nord canadien est une région en pleine expansion, notamment dans les secteurs du tourisme et de la construction. Le Yukon a le plus faible taux de chômage et le plus haut taux d’activité au Canada. Bien sûr, tout dépend de votre domaine : si vous travaillez dans un secteur de pointe, ce sera moins facile. Whitehorse reste une petite ville.

À Whitehorse, le secteur public représente une part importante des emplois disponibles. Travailler pour le gouvernement du Canada ou le gouvernement du Yukon nécessite toutefois d’avoir une résidence permanente. Les autres emplois nécessitent un permis de travail (PVT, Mobilité francophone…), comme partout ailleurs au Canada. Une bonne connaissance de l’anglais est nécessaire, même s’il existe des emplois en français (par exemple à l’Association franco-yukonnaise (AFY) ou dans l’une des écoles francophones de la ville).

Pour en savoir plus sur comment trouver un emploi au Yukon, lisez mon article Nos premiers pas à Whitehorse.

Carte du Canada

Transports

L’utilisation de la voiture :

La voiture est indispensable si vous voulez vivre à Whitehorse. Les distances sont longues et les transports en commun sont peu développés dans le Yukon.

Transports en commun :

Il existe six lignes de bus qui relient les différents quartiers de Whitehorse entre eux. Vous trouverez toutes les informations ici. Attention, il n’y a pas de bus le dimanche.

Aéroport :

Whitehorse possède un aéroport international. Il n’existe cependant pas de vols directs depuis la France ou la Belgique : vous devrez faire escale dans une autre ville canadienne avant d’atterrir au Yukon. En haute saison (entre mai et septembre), il existe une liaison entre Frankfurt, en Allemagne, et Whitehorse pour environ 800 $ et 9 h 30 de vol.

Proximité avec les autres villes :

Ce qui se rapproche le plus d’une autre ville au Yukon est Dawson, à 500 kilomètres au nord de Whitehorse. Mais avec ses quelque 1500 habitants, il s’agit plutôt d’un village. Les villes les plus proches sont Edmonton, à 2000 kilomètres, et Vancouver, à 2500 kilomètres. Oui, il faut aimer vivre remote quand on vit au Yukon.

Centre-ville de Whitehorse
Pas de hauts buildings dans le centre-ville de Whitehorse.

La vie quotidienne à Whitehorse

Non, nous ne pêchons pas sur la banquise. (Juste parfois sur les lacs gelés). Nous avons des supermarchés, une rue commerçante, des restaurants, un centre sportif, des salles de spectacle et un aéroport. La vie est plutôt « normale »… Si ce n’est les nombreux animaux croisés chaque jour ! La vie sauvage est très présente ici. On compte d’ailleurs dix fois plus de caribous que d’habitants au Yukon. La majeure partie de la population pratique la chasse ou la pêche, qui sont les moyens les plus écologiques de se nourrir dans le Nord.

Vous vous en doutez, mieux vaut aimer les sports de plein air pour vivre ici. En hiver, les options sont nombreuses : ski, chien de traineau, randonnées en raquette, promenade en motoneige, pêche sur glace. En été, la nature reprend ses droits et tout le monde revit ! Chaque week-end est prétexte à de nouvelles escapades, à d’interminables feux de camp et à de belles découvertes.

Culture :

Bien qu’il s’agisse d’une petite ville, Whitehorse n’a pas à rougir de son offre culturelle ! Vous trouverez presque chaque soir des occasions de vous divertir : concerts dans l’une des nombreuses salles de la ville ou au Centre des Arts du Yukon, théâtre au Guild Hall, expos à Arts Underground, événements en tous genres en français à l’Association franco-yukonnaise. Bon, ce n’est pas Paris ou Bruxelles, bien sûr. Mais vraiment, on ne s’ennuie pas. Du côté des festivités, il y a le Available Light Film Festival en février, le Yukon Sourdough Rendez-vous en mars et une tonne d’activités musicales un peu partout en été. Le tout assez bon marché, voire gratuit.

Pour vous faire une meilleure idée des événements à venir, c’est par ici.

Yukon Sourdough Rendez-vous
Ça vous dit un concours de lancer de haches ? C'est au Yukon Sourdough Rendez-vous que ça se passe.

Démarches administratives :

Vous pouvez demander à être servis en français dans n’importe quelle administration.

Si le Yukon est votre premier point de chute, il vous faudra vous procurer un numéro d’assurance sociale (NAS). Celui-ci est obligatoire pour pouvoir travailler au Canada.

Les immigrant-e-s peuvent utiliser un permis de conduire émis dans un autre pays pendant un maximum de 120 jours après leur arrivée au Yukon. Pour obtenir un permis de conduire yukonnais et faire immatriculer votre véhicule, présentez-vous au Bureau des véhicules automobiles. Vous ne pourrez pas « simplement » échanger votre permis européen. Il vous faudra le repasser (théorique et pratique).

Loisirs :

Vous vous en doutez, c’est LE gros point positif de la vie au Yukon. La plupart des gens qui vivent ici placent leurs loisirs tout en haut de la liste de leurs priorités. Les week-ends sont sacrés et pas question de terminer après 17 h en semaine ! Il faut dire que le Yukon se prête parfaitement aux explorations en tous genres : bordée par l’Alaska à l’ouest, la région est parsemée de nombreux lacs turquoise, de rivières sauvages, de montagnes, de toundras et de forêts boréales sans fin. Au programme : randonnées, kayak ou VTT en été, ski de fond, raquettes et escalade sur glace en hiver. Ou chiens de traineau, si le cœur vous en dit : le Yukon accueille chaque année la course la plus difficile de la planète, la Yukon Quest, se déroulant sur plus de 1600 km.

Le Yukon compte deux parcs particulièrement intéressants : le parc national Kluane, qui abrite 17 des 20 sommets du Canada, dont le mont Logan, la plus haute montagne du pays, et le parc territorial Tombstone, surnommé « la Patagonie du Nord ». Pour en savoir plus, lisez mon article Que faire à Whitehorse en hiver ? ou découvrez le site de Travel Yukon.

Du coté des restos et des cafés, à nouveau, nous sommes dans une petite ville. Néanmoins, on trouve de tout et même de très bonnes adresses comme le Kind Café et le Wayfarer.

Santé :

Après trois mois au Yukon, vous pouvez bénéficier d’un accès gratuit aux soins de santé. Il vous faudra pour cela demander une carte d’assurance-santé du Yukon. Attention, les soins dentaires, notamment, en sont exclus. Pour une couverture complète de vos soins de santé, il vous faudra souscrire à une assurance privée (parfois offerte par votre employeur).

Sécurité :

Whitehorse est une petite ville et on s’y sent en sécurité la majeure partie du temps. Il existe quelques rues à éviter la nuit car des personnes sous l’emprise de l’alcool s’y rassemblent, et quelques bars mal famés, mais dans l’ensemble c’est une ville agréable.

La politesse et l’honnêteté des Canadiens me surprend toujours. Ici, personne ne klaxonne quand tu ne réagis pas assez vite au feu vert. Personne ne te dépasse dans la file au magasin. Personne ne te bouscule, personne n’élève la voix. Aussi, tu peux oublier ton téléphone sur une table dans un café, et revenir deux heures plus tard le chercher : il sera toujours là.

Éducation en français :

L’École Émilie-Tremblay offre un programme de français langue première de la maternelle 4 ans à la 6e année. Une école secondaire devrait voir le jour à l’automne 2020. La Garderie du petit cheval blanc accueille les plus jeunes en français. Enfin, l’École élémentaire de Whitehorse offre un programme d’immersion en français.

Ressources utiles :

Vous avez encore des questions ? Prenez contact avec l’AFY ou le Centre multiculturel du Yukon. Ces associations offrent de nombreux services d’aide à l’immigration, comme des cours de langue, de l’assistance personnalisée à l’installation ou encore de l’aide à la recherche d’emploi.

J’espère que cet article vous aura aidé à repondre à la question : « Quelle ville choisir au Canada? ». Pour cloturer en beauté (et terminer de vous convaincre), je vous laisse en compagnie d’Elisa et Max, de Best Jobers :

A bientôt !

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Que mettre dans son sac à dos de randonnée ?

Randonner est une de mes grandes passions, surtout depuis que je vis au Canada. Crapahuter des heures durant dans la montagne, au milieu de paysages majestueux, m’apaise et m’émerveille à…

Randonner est une de mes grandes passions, surtout depuis que je vis au Canada. Crapahuter des heures durant dans la montagne, au milieu de paysages majestueux, m’apaise et m’émerveille à chaque fois. Souvent, je me demande que prendre dans mon sac à dos. Dois-je vraiment emporter cette deuxième gourde d’eau ? Que puis-je enlever pour gagner en légèreté ? Qu’est-ce qui pourrait me sauver la vie en cas de problème ? Que dois-je absolument toujours avoir avec moi ?

Pour répondre à ces questions, j’ai demandé à Stephan Poirier, formateur en sécurité d’avalanche et ex-patrouilleur/pisteur dans plusieurs Centre de ski de Colombie-Britannique, de me montrer le contenu de son sac à dos de randonnée.

Stéphan Poirier est à White Pass (Colombie-Britanique).
Stephan Poirier nous donne sa liste des indispensables à emporter dans son sac à dos de randonnée.

Que mettre dans son sac à dos de randonnée ?

Une randonnée initialement prévue sur quatre heures peut facilement s’allonger, pour peu que l’on se perde ou se blesse. Je conseille toujours de prévoir son sac à dos comme si l’on partait pour dix heures, ou plus. Parfois, on est tenté, quand le ciel est bleu et que l’on part pour une courte randonnée, de laisser sa polaire ou sa veste à la maison. C’est bien entendu à éviter. On ne sait jamais ce qui peut arriver et le soir, les températures dégringolent.

Qu’as-tu toujours dans ton sac ?

  • Un bear spray (ou bombonne de gaz poivré, en bon français). C’est essentiel au Canada, peut-être encore plus au Yukon (ndlr : pour en savoir plus sur les comportements à adopter en cas de rencontre avec un ours, c’est par ici). Il doit être accessible en tout temps. Le mieux est de l’avoir testé avant, même si ce n’est pas toujours possible.
  • Deux litres à deux litres et demi d’eau. Il ne faut jamais lésiner sur l’eau.
  • Des barres énergétiques, de type Clif Bar ou Lärabar. J’en laisse toujours trainer au fond du sac. Ça se conserve très bien.
  • Une couverture de survie. C’est bon marché et ça prend très peu de place. C’est très utilise pour se réchauffer, si on doit faire un bivouac d’urgence ou si quelqu’un se blesse.
  • Un couteau suisse, pour parer à toute éventualité. Un Leatherman, par exemple.
  • Un sifflet accroché à ma veste. Très utile si le brouillard se lève ou si l’on tombe dans un ravin.
  • Un bonnet ou un buff, pour pouvoir se réchauffer.
  • Une paire de chaussettes de rechange, si les premières sont mouillées.
  • Un briquer ou des allumettes, avec un allume-feu dans une pochette en plastique. Le résidu du sèche-linge (aussi appelé moumouche, moumoute ou bouloche) fonctionne très bien pour ça.
  • Une lampe frontale, surtout si le soleil se couche tôt.
  • Une trousse de premier secours avec des pansements, des compresses, un antiseptique, un antimoustique, de la crème solaire, des médicaments divers.
  • Du Duct tape, pour pouvoir tout réparer : lanière de sac à dos qui casse, semelle qui se décolle, etc. Pour gagner de la place, vous pouvez l’enrouler autour de vos bâtons de marche ou de votre gourde.

As-tu d’autres conseils de sécurité ?

C’est vraiment important de toujours laisser un message quelque part avec votre itinéraire et votre heure de retour prévue. Ici au Yukon, il y a peu de réseau mobile, vous serez donc seuls en cas de problème. C’est important que l’on puisse vous retrouver. Si vous randonnez beaucoup, il est intéressant d’envisager l’achat d’un dispositif de messagerie GPS par satellite SPOT ou inReach.

Séraphin à Grey Mountain (Yukon)
Il est impotant de garder son bear spray à portée de main en tout temps.

J’espère que cet article vous aidera à savoir que mettre dans votre sac à dos de randonnée lors de votre prochaine sortie. N’oubliez pas : malgré sa popularité et son apparente facilité, la randonnée comporte certains risques. Bien s’équiper est essentiel pour ne pas vous blesser : chaussures ou baskets de randonnée, vêtements adaptés… Il est également important de se renseigner correctement sur l’itinéraire choisi (AllTrails est une bonne ressource), la météo (sur Mountain Forecast par exemple) et l’état des sentiers (est-ce boueux ou enneigé ?).

Si vous voulez connaitre les meilleures randonnées de Vancouver, c’est ici. Et pour mes activités préférées en hiver au Yukon, c’est par . Enfin, pour suivre mes aventures au quotidien, rendez-vous sur Instagram. A bientôt en montagne !

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Comment s’habiller au Yukon en hiver ?

Vous êtes nombreuses et nombreux à me poser des questions sur Instagram sur comment vous habiller en hiver au Yukon. Tout d’abord, il faut savoir que l’hiver est long au…

Vous êtes nombreuses et nombreux à me poser des questions sur Instagram sur comment vous habiller en hiver au Yukon. Tout d’abord, il faut savoir que l’hiver est long au Yukon : il commence en novembre et se termine à la fin mars. Les températures peuvent varier entre -40 °C et -5 °C. Mais ne paniquez pas : un -25° bien sec au Canada est souvent plus facile à supporter qu’un -10° humide en Europe, surtout si vous êtes bien équipés. Néanmoins, un -5° annoncé peut s’avérer finalement beaucoup plus froid que prévu pour peu que le vent se soit levé (aaaaah, les fameuses températures ressenties). Renseignez-vous bien sur les conditions météorologiques réelles auprès de votre guesthouse ou hôtel. Soyez prudent en tout temps, surtout si vous vous éloignez de Whitehorse (vous perdrez vite tout accès au réseau téléphonique). Informez toujours quelqu’un de votre itinéraire avant de partir explorer la région (à ce propos, jetez un œil sur mon dernier article Que faire en hiver à Whitehorse ?).

Sérahin en raquettes au Yukon
En hiver, les températures peuvent varier entre -40 °C et -5 °C.

Alors, comment vous équiper pour les grands froids canadiens ? Dans cet article, je laisse la parole à Patrick Jackson, le propriétaire du magasin d’équipement sportif de seconde main Changing Gear. Il vous livre ses meilleures astuces pour survivre à l’hiver au Yukon. Mon conseil : foncez dans son magasin sitôt arrivé à Whitehorse pour dénicher chaussures, manteaux et accessoires d’hiver à prix réduits. Si vous comptez plutôt investir dans du matériel neuf, faites un tour sur OutdoorGearLab, un site de comparaison de matériel sportif que j’adore. Enfin, les vêtements, c’est bien joli, mais n’oubliez pas de protéger votre peau (avec une crème riche), vos lèvres et vos yeux (avec des lunettes de soleil ou un masque). Mais trêve de bla-bla, je laisse la parole à Patrick Jackson…

Que prendre dans sa valise pour un séjour au Yukon en hiver ?

La première chose qui me vient à l’esprit, c’est qu’il y a hiver et hiver. C’est très différent de venir en octobre, à la mi-janvier ou en mars. Entre la mi-décembre et la mi-février, c’est le vrai hiver. Les températures peuvent descendre à -40°. En début et en fin d’hiver, c’est assez différent, il fait plus chaud. Vous devez faire votre valise en fonction. Le plus important, c’est de penser aux extrémités : les mains, les pieds et la tête. Ce sont les parties qui seront le plus exposées au froid : elles doivent être au centre de l’attention. Pour les mains, je conseille les moufles, plus chaudes que les gants. Quand il fait très froid, mettez une paire de fins gants en-dessous de vos moufles afin de pouvoir attraper facilement les choses sans exposer votre peau directement au froid. Pour la tête, n’importe quel bonnet en laine fait généralement l’affaire. Un buff peut être très utile. En dessous de -30°, il faut veiller à protéger chaque partie du visage pour éviter les engelures.

Patrick Jackson, le propriétaire du magasin d’équipement sportif de seconde main Changing Gear
Patrick Jackson, le propriétaire du magasin d’équipement sportif de seconde main Changing Gear, vous livre ses conseils pour affronter le froid yukonnais.

Quelles chaussures choisir pour braver le froid ?

Les chaussures et les chaussettes sont très importantes. Elles doivent être choisies en fonction des activités que vous allez pratiquer : si vous randonnez, vous n’avez pas les mêmes besoins que si vous prévoyez de rester longtemps dehors sans bouger, pour de la pêche sur glace ou pour photographier les aurores boréales par exemple. Il y existe de nombreuses bonnes chaussures d’hiver sur le marché, comme les Baffin, créées et fabriquées au Canada. Ici, les mushers portent souvent des Bunny, qui font partie des bottes les plus chaudes au monde. Les anciens modèles Sorel sont très bons aussi. L’important étant d’être bien isolé du sol afin d’éviter les pertes de chaleur. Des semelles en laine, laine mérinos ou soie peuvent être intéressantes (ndlr : des semelles en mérinos sont disponibles chez Changing Gear pour 12,5 $) pour ajouter une couche supplémentaire. Enfin, de bonnes chaussettes en laine sont essentielles. S’il fait très froid, mettez une paire de chaussettes plus fines en-dessous (ndlr : IceBreaker, LA référence en matière de vêtements en laine mérinos, fait régulièrement de belles promotions sur son site).

Comment s’habiller au Yukon en hiver ?

Le principe général, c’est de superposer plusieurs couches de vêtements. D’abord, une couche de base près du corps, constituée d’un legging et d’un t-shirt à manche longue en polyester ou en laine mérinos. C’est important que ces sous-vêtements absorbent la transpiration et sèchent rapidement. Le polyester est un bon rapport qualité-prix. La seconde couche emprisonne la chaleur. Le polaire est très efficace pour cela. S’il fait plus froid, le duvet ou le PrimaLoft sont de bonnes options. La troisième couche, enfin, est une veste qui agit comme une protection contre le vent et l’humidité. L’important, c’est qu’il y ait des ventilations, que l’humidité puisse s’évacuer. Ce sont les fermetures éclairs qui feront la différence entre une veste bon marché et une veste plus chère. Lorsque tu randonnes avec des sous-couches, tu as vite chaud. Les fermetures éclairs te permettent de réguler facilement ta température corporelle.

Le magasin Changing Gear à Whitehorse
La seconde main, le choix malin : économique et bon pour la planète.

D’autres astuces pour affronter l’hiver ?

Les chauffe-pieds et les chauffe-mains peuvent vraiment sauver une journée. Économiques, simples, on en trouve partout ici. Aussi, vous pouvez trouver au magasin une large sélection de chaussures, pantalons, vestes et accessoires d’hiver de seconde main. À peu près tout ce dont vous pourriez avoir besoin, en fait. C’est intéressant si vous n’avez pas envie d’investir dans du matériel neuf. Nous louons aussi du matériel, comme des vestes Canada Goose (à partir de 35 $ la nuit). Un bon plan si vous n’avez pas l’utilité d’une veste chaude par la suite. 

Merci encore à Patrick Jackson pour cet interview. Dites-lui bonjour de ma part si vous passez dans son magasin!

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Que faire à Whitehorse en hiver ?

Vous avez le cœur d’un aventurier ou d’une aventurière et le froid ne vous fait pas peur ? Vous rêvez de grands espaces et d’aurores boréales ? Envie de changement, d’une…

Vous avez le cœur d’un aventurier ou d’une aventurière et le froid ne vous fait pas peur ? Vous rêvez de grands espaces et d’aurores boréales ? Envie de changement, d’une destination peu banale qui vous laissera des souvenirs mémorables ? (Oui, je sais, je devrais être engagée par une agence de tourisme). N’hésitez plus et prenez un billet d’avion pour Whitehorse, petite ville du Nord-Ouest du Canada, peuplée de quelque 30 000 habitants, où les températures flirtent régulièrement avec les -30° en hiver. Et où je me suis installée il y a peu, avec l’envie de vous faire partager mon quotidien, mes bons plans et mes lieux favoris. Dans cet article, je vous explique que faire à Whitehorse en hiver.

Miles Canyon en hiver
Whitehorse est la capitale du Yukon, immense territoire sauvage où l’on compte plus de caribous, d’ours et d’orignaux que d’habitants. Ici, Miles Canyon, accessible à pied depuis le centre-ville.

Avant de partir…

Avant de boucler vos valises, voici quelques recommandations : 

  • Il peut faire froid, voire très froid dans le Yukon. Tapez « Technique de l’oignon » dans Google et équipez-vous en conséquence : sous-couches et chaussettes chaudes, gants de qualité, bonnet, tour de cou, polaire… Il vous faudra également une veste et des bottes d’hiver mais pas besoin de vider votre compte épargne pour la cause : il existe un très bon magasin de seconde main à Whitehorse, Changing Gear, où vous devriez trouver ça. Pour lire mon article complet sur « Comment s’habiller au Yukon en hiver », c’est par ici.
  • Les mois d’hiver (de novembre à mars) sont les plus propices pour l’observation des aurores boréales, mais aucune garantie d’en voir – les belles sont capricieuses, la météo aussi : si votre unique but est d’en admirer, visez plutôt Yellowknife. 
  • Les transports en commun sont peu développés dans le Yukon. Je vous recommande fortement de louer une voiture si vous voulez profiter de la région.  
  • Si vous prévoyez un  road trip jusqu’en Alaska, n’oubliez pas d’emporter votre passeport et de vous renseigner sur les fomalités pour passer la frontière.
  • Attention, les journées sont (très) courtes en hiver. En décembre, par exemple, le soleil se lève vers 9h45 et se couche à 15h45. 
  • On ne trouve pas beaucoup de bières belges par ici. N’oubliez pas de m’en apporter une. 

Alors, que faire à Whitehorse en hiver ? Voici mes dix activités préférées.

1. Randonner en raquettes 

Randonner en raquettes est une de mes activités préférées en hiver depuis que je vis au Canada, mais encore plus ici au Yukon. Pour peu que l’on s’éloigne un peu du centre-ville, on se retrouve vite seul au monde, perdu dans l’immensité et la beauté des paysages.  Vous trouverez de nombreuses propositions de randonnées sur Yukon Hiking et AllTrails. Mes préférées ? Fish Lake, une jolie randonnée accessible, à quelques kilomètres de la ville et Spirit Canyon, courte mais vraiment belle. Je vous conseille également de vous promener du côté de Miles Canyon (en démarrant du parking-embarcadère sur Chadburne Lake Road, là où la rivière se jette dans le lac Schwatka) : c’est absolument magnifique. Les raquettes ne sont généralement pas indispensables, mais une paire de crampons vous aidera dans les passages escarpés.  

Vous cherchez quelque chose d’un peu plus sportif ?  Direction le Sam McGee Trail ou encore l’Auriol Trail (comptez deux heures de route – mais quelle route ! – à partir de Whitehorse). 

Vous n’avez pas de raquettes ? Pas de problème : vous pouvez en louer pour 12 $ la journée chez Coast Mountain. 

Chien de traineau à Whitehorse
Perso, quand je vois ce chien, j'ai envie de devenir musheuse. Et je n'aime même pas vraiment les chiens.

2. S’initier au traineau à chiens

(Oui, je dis traineau à chiens maintenant, je trouve que les Québecois ont raison).

Qui ne rêve pas de parcourir les forêts et les plaines enneigées, filant à toute allure sur un traineau tiré par de magnifiques huskies ? Il serait dommage de ne pas réaliser ce rêve à Whitehorse, capitale du traineau à chiens. Une des courses les plus célèbres au monde, la Yukon Quest, y a lieu chaque année en février, reliant Whitehorse à Fairbanks en Alaska (1 648 kilomètres à travers le grand nord, tout de même). Les mushers et musheuses sont nombreux dans la région et vous aurez l’embarras du choix si vous souhaitez vous initier à la pratique.  

Pour ma part, j’ai testé l’aventure avec Alayuk, la société de la musheuse suisse Marcelle Fressineau, et j’ai été un peu déçue : la moitié de la promenade s’est faite DANS le traineau, et non à guider les chiens comme j’avais pu le faire dans le Vercors, en France, par exemple. Le tout m’a laissé un gout de trop peu, de trop touristique… mais cet avis n’engage que moi, et je connais de nombreuses personnes qui ont adoré. 

3. Admirer les aurores boréales 

Les aurores boréales exercent une attraction quasi mystique sur les humains, et ce depuis toujours. Il est vrai que le spectacle est grandiose et mérite d’être vu au moins une fois dans une vie. Au Yukon, vous pourrez en observer durant l’hiver quelques jours par mois, lorsque l’activité solaire est à son maximum. J’utilise l’application Aurora pour connaitre ces pics d’activité à l’avance. Mais se trouver au bon endroit et au bon moment ne suffit pas, encore faut-il que le ciel soit dégagé (vous devrez donc compter sur un peu de chance). Aussi, pour une observation idéale, l’obscurité doit être totale (pas de pleine lune, donc, et encore moins de pollution lumineuse). Dans les alentours de Whitehorse, je vous conseille de vous rendre à Fish Lake ou au Kokatsoon Lake. Prenez un thermo de chocolat chaud et attendez que le spectacle commence, bien au chaud dans votre voiture. 

Aurores boréales dans le Yukon
Ce que vous trouverez au Yukon : des paysages est à couper le souffle, des frissons (et pas que de froid), de l’aventure et des rencontres inoubliables. Avec des aurores borélales, par exemple.

4. Se promener en voiture en faisant « waouh » 

Les routes du Yukon sont absolument magnifiques. Les arpenter en voiture est un incontournable dans votre liste des choses à faire en hiver à Whitehorse ! Si vous avez un peu de temps, je vous conseille de vous rendre jusque Skagway, en Alaska. Le village est plutôt mort en hiver, mais la route vaut vraiment le coup. Vous pouvez aussi choisir de partir à la découverte de Dawson, à quelques centaines de kilomètres au Nord de Whitehorse. Dépaysement garanti ! Si vous n’avez qu’un jour ou deux, le circuit des lacs du Sud devrait vous donner un bel aperçu des beautés de la région. 

Attention, avant de partir, renseignez-vous bien sur les conditions climatiques : certaines routes peuvent être fermées. Aussi, soyez équipés pour le froid et prêts à parer à toute éventualité.  

5. Découvrir le riche passé historique du Yukon

Voilà plus de 15 000 ans que des hommes ont foulés le sol du Yukon, venus d’Asie par le pont continental de Béring lors de la dernière ère glaciaire. On trouverait ici les plus anciennes traces de présence humaine en Amérique du Nord. Pour en savoir plus sur ce sujet passionnant, je ne peux que vous conseiller de passer quelques heures au Yukon Beringia Interpretive Center, un petit musée très intéressant. Au passage, vous pourrez admirer la plus grande girouette du monde. 

Autre grand moment historique du Yukon : la ruée vers l’or du Klondike, durant laquelle plus de 100 000 prospecteurs ont afflués de toutes parts, bravant les conditions climatiques au péril de leur vie. Pour en apprendre davantage, direction le Mc Bride Museum. Vous pourrez également y entrapercevoir quelques artefacts des Premières Nations et y découvrir l’histoire de l’Alaska Highway. 

Enfin, l’Association franco-yukonnaise a réalisé quelques podcasts à écouter lors de vos circuits à pied, en vélo ou en voiture. Pensez à les télécharger ! 

Cabane sur Fish Lake
Ça te dirait de dormir là ?

6. Passer la nuit dans une cabane au bord d’un lac 

Là, on parle de l’expérience canadienne ultime ! Passer la nuit dans une petite cabane en rondins, bien au chaud sous les couvertures, et se réveiller au petit matin en pleine nature, ressourcé et apaisé. Bon, ok, dans la réalité, ce sera moins romantique : il faudra vous réveiller toutes les deux heures pour alimenter le poêle à bois, et aller faire pipi dehors la nuit par – 30 n’est jamais une partie de plaisir. Mais que de souvenirs à raconter ! De nombreuses cabanes sont proposées sur Airbnb (par exemple, celle-ci à Marsh Lake ou celle-là à Annie Lake). Vous pouvez aussi opter pour le joli chalet rustique du Mount Logan Lodge pour une expérience un peu plus luxueuse (juste un peu, il faudra quand même vous lever la nuit). 

7. Photographier les animaux de la réserve faunique

Je n’aime pas trop les animaux en captivité. Mais la Wildife Preserve est un centre de recherches et de réadaptation faunique où des spécialistes soignent les animaux sauvages blessés en vue de leur remise en liberté dans leur environnement naturel. Un endroit idéal pour observer et photographier les animaux sauvages du Yukon et se renseigner à leur sujet : le wapiti, le bison, le mouflon de Dall, le cerf mulet, l’orignal, la chèvre de montagne, le lynx, le renard arctique, le caribou ou encore le bœuf musqué. Bref, j’ai pris un abonnement à l’année. 

Petit cerf dans la réserve faunique du Yukon
N'est-il pas trop mignon ?

8. Se réchauffer aux sources thermales… et faire un concours de cheveux gelés ! 

Rien de tel pour se réchauffer après une promenade hivernale ou une visite de la Wildlife Preserve (qui se trouve à côté) que de plonger dans les eaux chaudes des sources thermales de Takhini. Une destination très prisée des yukonnais, qui viennent s’y relaxer le soir ou le week-end. Un peu vétuste, mais sympa. Et puis, durant tout l’hiver, il y a un concours de cheveux gelés !

9. S’offrir un bon restaurant 

Saviez-vous que l’un des 10 meilleurs restaurants du Canada se cachait à Whitehorse ? En tous cas, selon Air Canada (et moi). Il s’agit du Wayfarer Oyster House, un délicieux restaurant de fruits de mer (mais pas que) aux prix totalement abordables. A ne pas manquer, vraiment. C’est également à Whitehorse que je mange les meilleures pizzas depuis mon arrivée au Canada, au Dirty Northern. Allez-y le lundi soir, elles sont à moitié prix. Leurs burgers sont également très bons. Pour des petits-déjeuners sains et savoureux, filez au Kind Café. Pour un lunch léger, rendez-vous au Bullet Hole Bagels. Enfin, les brunchs du Burnt Toast font la job, comme on dit ici, même s’ils manquent un peu de fun et de vitamines. Ah oui, et si vous cherchez du très bon pain, direction Alpine Bakery. Pour du fromage et des produits européens, allez dire bonjour à Sylvain chez Le Gourmet. Enfin, si vous aux  vous rendez aux sources thermales de Takhini en fin de semaine, arrêtez-vous chez Bean North Coffee Roasting pour un délicieux café. Pour les bières, il vous faudra choisir entre les quatre brasseries du coin : Winterlong (ma préférée), Yukon Brewing, Deep Dark Wood et Woodcutter’s Blanket.

10. Flâner sur Main Street 

Oui, la rue principale de Whitehorse est cette petite rue où les voitures se garent en épis. Qui dit petite ville dit petite rue principale. Prenez quand même une heure ou deux pour découvrir les jolies boutiques d’artisanat qui s’y trouvent. Faites un tour à Arts Underground pour admirer les œuvres des artistes locaux. Arrêtez-vous chez Collective Good pour de jolis souvenirs design. Poussez la promenade jusqu’au bord de la rivière, où des panneaux explicatifs vous raconteront l’histoire de la ville, avant de vous récompenser avec un bon café au Baked. Et si vous voulez tenter une expérience amusante, direction Lumel Studios, où vous apprendrez à souffler du verre.  

Renard à Whitehorse
Il est fort probable que vous croisiez de jolis renards en plein centre-ville de Whitehorse.

Vous voulez vraiment vous faire plaisir ?

Vous avez économisé pour ce voyage et l’argent n’est pas un problème ? Une foule d’activités dispendieuses vous attendent pour découvrir Whitehorse en hiver : snowmobile, survol en avion du parc Kluane, randonnées accompagnées… Vous trouverez plein d’idées sur le site de Tourisme Yukon.

Vous voulez encore plus d’infos sur que faire à Whitehorse en hiver ?

Allez jeter un œil sur les blogs de la Yukonnaise et sur celui de Lily’s Road, qui vivent toutes deux ici. Découvrez également les merveilleux reportages de Simon D’Amours. Enfin, n’oubliez pas de relire vos classiques, Jack London et Jon Krakauer en tête. 

A bientôt pour de folles aventures hivernales à Whitehorse ! Et si le Yukon vous a définitivement conquis, faites un tour sur mes articles : « Pourquoi nous avons décidé de vivre à Whitehorse » et « Nos premiers pas à Whitehorse« .

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Nos premiers pas à Whitehorse

Après quelques mois dans le Yukon, il est temps que je vous fasse un petit retour sur notre expérience. Est-ce qu’il y du boulot ? Comment trouver un logement ?…

Après quelques mois dans le Yukon, il est temps que je vous fasse un petit retour sur notre expérience. Est-ce qu’il y du boulot ? Comment trouver un logement ? Quelles sont les démarches administratives à effectuer en arrivant ? Dans cet article, je vous raconte notre déménagement et notre installation à Whitehorse, petite ville du Nord-Ouest du Canada.

Le plus compliqué : trouver un logement

On ne va pas se mentir : trouver un logement à Whitehorse, c’est l’enfer. Pire qu’à Vancouver, c’est dire. Heureusement pour nous, après un an sur la côte Ouest, nous étions habitués aux prix. Mais ça fait toujours un choc : comptez au minimum 700 $ pour une chambre dans une colloc’, 1500 $ pour un basement (un appartement en sous-sol sombre et triste, en d’autres termes), 1800 $ pour un semblant d’appartement correct. Voir (beaucoup) plus. Le problème ? La population ne cesse d’augmenter à Whitehorse, sans que le marché immobilier suive. Résultat : l’offre est bien inférieure à la demande. Donc, pire que de devoir vendre un rein pour vous loger, il se peut tout simplement que vous ne trouviez rien. Mon conseil est donc de vous y prendre le plus tôt possible, et de multiplier les contacts. Pour l’anecdote, nous avons « raté » un appartement car d’autres personnes avaient surenchéri sur le prix du loyer. Ça place le contexte.

Pour notre part, après avoir cherché la perle rare sans succès sur les sites traditionnels (Kijiji et Craiglist), nous avons publié une petite annonce, avec photo et présentation succincte de nos profils, sur le groupe Facebook Whitehorse, Yukon Property Rentals, ainsi que sur les babillards de l’Association franco-yukonnaise. Cette stratégie s’est avérée payante : nous avons été contactés par plusieurs propriétaires et avons visité quelques biens via Skype, depuis Vancouver. Notre choix s’est porté sur un appartement semi-meublé, moderne et lumineux, en plein centre, à dix minutes à pied de mon travail… pour la modique somme de 2200 $. Mais il est beau et on s’y sent bien, c’est le principal, non ? (Non, je sais, mais je dois m’auto-convaincre sinon j’ai envie de mourir).

Autre possibilité pour se loger à moindre coût : le home sitting, qui consiste à prendre soin du logement (et éventuellement des animaux) d’autres personnes en leur absence. Cela fonctionne assez bien à Whitehorse en hiver, le propriétaires ne pouvant pas laisser trop longtemps leur bien sans surveillance en raison du froid. Pour trouver les bons plans, mieux vaut être sur place et surveiller les petites annonces.

Centre-ville de Whitehorse
C'est cher. Puis on regarde par la fenêtre le paysage et on se dit que ça va encore.

Autres frais

À ce « petit » budget logement, vous devrez ajouter quelques frais supplémentaires, dont (probablement) une connexion Internet. Il existe un seul et unique fournisseur d’accès à Internet au Yukon, c’est Northwestel. Le prix ? Pensez à un chiffre. Multipliez-le par 3. Voilà, on devrait y être. Plus sérieusement, comptez 65 $ pour un abonnement basique. Plus si vous travaillez de la maison, comme nous.

Pour l’électricité, vous devrez contacter Atco. Bonne nouvelle : l’essentiel de l’électricité du Yukon provient de l’hydroélectrique (100% verte donc). Moi, ça me met de bonne humeur. En plus, il y a une échelle pour que les saumons puissent remonter la rivière malgré le barrage. Ce qui me met doublement de bonne humeur. Et me fait oublier que je paye plus de 100 $ chaque mois (il fait froid au Yukon, pour rappel). Nous payons également une centaine de dollars chaque mois pour remplir notre citerne à mazout, ainsi qu’une assurance habitation (30 $ par mois). Enfin, l’eau, comme partout au Canada, est gratuite. Ce qui nous amène à un total de :

 

0
$ CAD tous les mois pour nos frais de logement.

Le plus facile : trouver un travail

Là, on est dans la partie facile. Le Nord canadien est une région en pleine expansion, notamment dans les secteurs du tourisme et de la construction. Le Yukon a le plus faible taux de chômage et le plus haut taux d’activité au Canada. Bien sûr, tout dépend de votre domaine : si vous travaillez dans un secteur très pointu, ce sera moins facile, même si l’ouverture de l’université du Yukon en mai 2020 devrait amener une multitude de nouveaux emplois.

À Whitehorse, le secteur public représente une part importante des emplois disponibles. Travailler pour le gouvernement du Canada ou le gouvernement du Yukon nécessite toutefois d’avoir une résidence permanente. Les autres emplois nécessitent un permis de travail (PVT, Mobilité francophone…), comme partout ailleurs au Canada. Une bonne connaissance de l’anglais est nécessaire, même s’il existe des emplois en français (par exemple à l’Association franco-yukonnaise (AFY), comme moi, ou encore dans l’une des écoles francophones de la ville).

La plupart des offres d’emploi sont publiées sur Yuwin. Vous pouvez obtenir de l’aide pour vos démarches auprès de l’AFY, n’hésitez pas à les contacter. Vous trouverez également des infos sur les sites de Travail-Avenir Yukon et de Direction Yukon.

Au niveau du salaire, tout dépend de votre secteur. Comme ailleurs au Canada, il vous faudra probablement accepter un salaire en-dessous de ce que vous gagniez en Europe. Votre expérience professionnelle acquise hors du Canada sera peu ou pas reconnue. Si vous parvenez à décrocher un poste au Gouvernement (fédéral ou du Yukon), vous gagnerez un (très) bon salaire, à partir de 50.000 $ et jusqu’à 120.000 $ par an. Dans les autres secteurs, l’on voit de tout. Le salaire minimum est de 12,71 $ par heure, mais il vous sera difficile de vivre avec si peu. Visez un salaire minimum de 20 $/heure pour vivre à peu près correctement, sans extra. Plus, c’est mieux, bien entendu. Sinon, vous ferez comme tout le monde et cumulerez plusieurs emplois.

Besoin de conseils sur comment rédiger un CV aux normes canadiennes ou réussir un entretien d’embauche ? Faites un tour sur mon article « Vancouver : comment trouver un boulot ? ».

Il existe également une autre possibilité assez répandue dans le Yukon : le woofing ou le helpx, qui consistent à échanger un certain nombre d’heures de travail (25h par semaine en général) contre le gite et le couvert. Envie de tester la vie de musher ou de travailler dans une ferme ? Foncez.

Panneau Bienvenue à Whitehorse
Toi aussi, tu veux une jolie photo devant ce panneau ?

Les démarches administratives

Si le Yukon est votre premier point de chute, il vous faudra avant toute chose vous procurer un numéro d’assurance sociale (NAS). Celui-ci est obligatoire pour pouvoir travailler au Canada. Pour ce faire, direction Service Canada, au Elijah Smith Building. N’oubliez pas : vous pouvez demander à être servis en français.

Après trois mois au Yukon, vous pouvez bénéficier d’un accès gratuit aux soins de santé. Il vous faudra pour cela demander une carte d’assurance-santé du Yukon. Pour l’obtenir, vous devez vous inscrire, en personne, auprès du gouvernement territorial à Whitehorse (204, rue Lambert, 4e étage).

Les immigrant-e-s peuvent utiliser un permis de conduire émis dans un autre pays pendant un maximum de 120 jours après leur arrivée au Yukon. Pour obtenir un permis de conduire yukonnais et faire immatriculer votre véhicule, présentez-vous au Bureau des véhicules automobiles. Attention, il vous faudra fournir deux preuves de résidence (si vous êtes en couple, pensez à mettre les deux noms sur les factures, ce sera plus facile pour ce genre de démarches). La mauvaise nouvelle : vous ne pourrez pas « simplement » échanger votre permis européen. Il vous faudra le repasser (théorique et pratique). Bonne nouvelle dans la mauvaise nouvelle : cela ne coute pas cher (20 $ par test).

Vous avez encore des questions ? Prenez contact avec l’AFY ou le Centre multiculturel du Yukon. Ces associations offrent de nombreux services d’aide à l’installation, comme des cours de langue, de l’assistance personnalisée à l’installation ou encore de l’aide à la recherche d’emploi.

Vue de Whitehorse depuis Grey Mountain
Whitehorse, depuis Grey Mountain. Ici, tu comprends le concept de "en pleine nature".

A bientôt ?

J’espère que cet article vous aura donné envie de venir me rejoindre dans le Nord. Et si vous voulez me remercier, n’oubliez pas que j’adore le chocolat et les bières belges ! Oui, j’écris des articles sur ce blog dans l’unique but d’obtenir des cadeaux. Et alors ?

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Pourquoi nous avons décidé de vivre à Whitehorse

Après un an à Vancouver, nous avions vraiment besoin de changer d’air. J’ai donc commencé à postuler activement un peu partout, me voyant offrir deux postes : un de professeure de…

Après un an à Vancouver, nous avions vraiment besoin de changer d’air. J’ai donc commencé à postuler activement un peu partout, me voyant offrir deux postes : un de professeure de français à Campbell River, sur l’île de Vancouver et l’autre comme agente des communications à Whitehorse. En résumé : le choix entre une petite ville de pêcheurs au bord de l’océan Pacifique et une autre complétement perdue dans le Nord, avec des températures avoisinants les – 40° en hiver, dans une province où l’on compte dix fois plus de caribous que d’habitants. À votre avis, qu’ai-je choisi ? (Ok, il y a un indice dans le titre).

Caribous à Whitehorse
Au Yukon, il y a plus de caribous que d'habitants. Plus d'orignaux. Plus d'ours. Plus de tout, quoi.

Petit flash-back. Je suis chez mon père, en 2017, nous regardons la grande carte du monde qui trône dans l’entrée. Mon regard tombe sur un point tout au Nord du Canada : Whitehorse. Cheval Blanc. Je veux vivre à Cheval Blanc. Le Yukon m’appelle (à cette époque-là, je disais encore « Yukonne »). Petit problème : Séra est moyennement convaincu par l’idée, malgré les plus jolies photos d’aurores et de cabanes en rondin que je lui montre. Persuadé qu’il n’y a pas d’Internet. Pas de boulot. Pas de soleil. Pas de futur. Bref, je suis obligée de négocier : ok, on ira d’abord dans une grande ville à la pointe de la technologie, tout ça. En 2018, on déménage à Vancouver. Fin du flash-back.

Alors, pourquoi Whitehorse ?

Parce que c’est là que j’ai toujours eu envie d’aller. Que j’aimais bien le nom. Que c’est loin, sur la carte. Que c‘est à côté de l’Alaska. Parce qu’il y a des aurores boréales et des courses de chien de traineaux. Que c’est immense, grandiose et silencieux. Que c’est festif et bouillonnant. Parce que la lumière est magique. Parce que la communauté francophone y est soudée et dynamique. Parce qu’au Yukon, tu peux être qui tu veux (ok, j’arrête avec cette phrase). Parce que je veux rencontrer Bob.  Parce que je veux savoir ce que ça fait, les journées de quatre heures. Puis celles de vingt heures, aussi. Parce que j’adore la nature, et que je m’émerveille chaque week-end de la beauté des paysages. Parce qu’ici je peux aller au bout des routes, et même jusqu’à l’océan Arctique si je veux (et si tu me connais bien, tu sais que c’est déjà programmé).

Spirit Canyon
Je vous ai déjà dit que j'aimais la lumière ici ?

Est-ce qu’on aime vivre à Whitehorse ?

Oui, mille fois oui. Peut-être pas pour toute la vie (il fait quand même fort froid). Mais pour quelques mois, quelques années, oui : quelle expérience unique et merveilleuse !

Vous aussi, ça vous dit de venir vivre dans le Yukon ? Jetez un œil sur mon article « Nos premiers pas à Whitehorse » : j’y aborde tous les détails pratiques de notre installation.

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Pourquoi nous n’avons pas aimé vivre à Vancouver

Quand nous avons décidé d’émigrer au Canada, il y près de deux ans, nous nous sommes longuement posé la question d’où nous installer (enfin, quand je dis « longuement »,…

Quand nous avons décidé d’émigrer au Canada, il y près de deux ans, nous nous sommes longuement posé la question d’où nous installer (enfin, quand je dis « longuement », j’exagère. Disons que la décision s’est prise à 80% au hasard, à 20% de manière raisonnée et pragmatique). Finalement, notre choix s’est porté sur Vancouver, en Colombie-Britannique. Nous avions d’excellentes raisons de choisir cette ville : une nature exceptionnelle, un climat tempéré, un dynamisme vanté de toutes parts, une population réputée accueillante. Bref, le Canada dans toute sa beauté, sans les -30°. That sounds good on the papier.

Lions Gate Bridge à Vancouver
Oui, le Lions Gate est joli. Mais vous le détesterez le dimanche soir, vous verrez. Photo de Lee Robinson sur Unsplash

De fait, la ville est géniale : des pistes cyclables bien pensées, des transports en commun efficaces, de nombreux parcs et espaces verts, une vie nocturne et culturelle riche intéressante pas mal. Et puis, la possibilité de s’échapper tous les week-ends dans les montagnes avoisinantes, ou sur l’île de Vancouver. Parfait, non ? Mais en fait, non, pas tant que ça, pas pour nous. Passées les quelques premières semaines de découvertes et d’amour fou (ça s’appelle avoir une personnalité enthousiaste), nous avons déchanté. Trop chère, trop pluvieuse, trop fausse, trop bruyante, trop sale… : nous avons commencé à lister les défauts de Vancouver plutôt qu’à en apprécier les attraits.

Oui, il y a de nombreuses plages…

Mais elles sont sales et on ne peut s’y baigner, l’eau étant trop polluée. Oui, la ville est dynamique. Mais la pauvreté est omniprésente dans certains quartiers. Oui, c’est multiculturel et un petit paradis pour les foodies. Mais on n’a jamais eu l’impression d’être au Canada. Oui, le climat est tempéré. Mais il fait moche six mois par an. Oui, les alentours sont magnifiques. Encore faut-il pouvoir en profiter, entre les trois jobs qu’on est obligé de prendre pour survivre. Oui, on te proposera des dizaines d’emplois. Mais souvent pour des jobs peu qualifiés et mal payés. Oui, les bars sont bondés. Mais qu’est-ce qu’on s’ennuie.

Bien sûr, je dramatise. Bien sûr, on a passé d’excellents moments à Vancouver. Et comme je l’ai dit plus haut, la ville a d’énormes atouts. Mais pas pour nous, c’est comme ça. Après quelques mois, nous n’avions plus qu’une idée en tête : partir. Vous voulez connaitre la suite de l’aventure ? C’est par ici.

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Trois gestes pour la planète

Je sais, j’avais promis d’écrire sur notre installation à Whitehorse. Mais j’étais d’humeur écolo, la faute au Black Friday et ses dérives. Du coup, voici un article sur les gestes…

Je sais, j’avais promis d’écrire sur notre installation à Whitehorse. Mais j’étais d’humeur écolo, la faute au Black Friday et ses dérives. Du coup, voici un article sur les gestes que j’ai mis en place au quotidien pour limiter mon impact environnemental. Saviez-vous que près d’un million de colis ont été livrés par Amazon à Paris l’année passée suite au Black Friday ? Et que plus d’un tiers ont été renvoyés dans la foulée ? Je vous laisse imaginer la pollution générée par ces allers et retours. Aujourd’hui, dans le monde, près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre proviennent des transports. Ces mêmes gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatiques, oui.

Glacier Jökulsárlón
A ce rythme, la plupart des glaciers auront disparus d'ici la fin du siècle. Ici, Jökulsárlón en Islande.

L’ampleur des changements climatiques qui surviennent de nos jours est sans précédent. Et les effets de ces changements sont plus marqués et se produisent à un rythme plus rapide dans le Nord qu’ailleurs dans le monde. Ainsi, au Yukon, les températures hivernales ont augmenté de 4 °C au cours des 50 dernières années. La masse des glaciers a quant à elle diminuée de 22%.

Ce constat vous interpelle ?

Bonne nouvelle : chacun-e, à son échelle, peut lutter contre le réchauffement climatique. Alors, oui, bien sûr, ce ne sont que des petits gestes, qui ne changeront pas grand-chose face aux multinationales polluantes et aux gouvernements prônant le retour ou le maintien d’énergies fossiles. Mais je reste convaincue que chaque geste compte. Connaissez-vous la légende du colibri, souvent racontée par l’écologiste français Pierre Rabhi ?

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !". Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part."

Bref, dans cet article, je vous vous parle de trois gestes pour la planète que j’ai adopté. Trois gestes plus ou moins faciles, qui permettent de réduire son impact environnemental au quotidien.

Tournesol dans un champ.

Réfléchir à mon alimentation

Je ne prône pas le 100% végétarien, particulièrement dans le contexte du Nord du Canada, où la chasse et la trappe sont probablement les moyens les plus écolo de se nourrir. Mais depuis plusieurs années, j’ai entamé une réflexion sur mon alimentation. Et si la viande n’est pas entièrement rayée de mon assiette, elle est devenue occasionnelle (une fois par semaine). Pour rappel, aujourd’hui, 25 % des gaz à effet de serre sont le résultat de l’agriculture, de l’élevage et de la déforestation qui en résulte. La production d’un seul kilo de bœuf génère 32,5 kg de CO2, contre 0,06 kg en moyenne pour les légumes et 1,18 pour le riz. Bref, il est aujourd’hui plus que temps de limiter notre consommation de viande.

Par ailleurs, je n’achète plus de produits transformés et favorise les filières locales et biologiques autant que possible. Au final, cela ne me coute pas plus cher : ne plus acheter de bonbons et autres aliments transformés me permet de mettre plus d’argent dans des produits frais de qualité. J’évite de consommer des fruits et légumes hors saison (même si parfois je craque) et je vérifie la provenance de mes aliments. Ici, à Whitehorse, je commande mes paniers de fruits et légumes « locaux » bios chez Alpine Bakery (local-local, c’est assez difficile ici). Et je pique toutes mes idées de recettes végé chez Hellofresh (sans commander les produits chez eux).

Fuits de l'Okanagan
Miam, les bons fruits de l'Okanagan.

Réduire ma consommation de plastique

Plus de 8 millions de tonnes de plastiques sont jetés dans l’océan chaque année. Pour se faire une idée, c’est comme si un camion à ordures rempli de plastiques était déchargé dans l’océan chaque minute. En 2050, il y a aura plus de plastique que de poissons dans les océans. Or, ces derniers jouent un rôle central dans la survie de notre écosystème. Réduire notre consommation de plastique est aujourd’hui une urgence. C’est pourquoi je refuse désormais d’utiliser des sacs en plastique dans les magasins (pas facile, par ici) et prends toujours mes sacs réutilisables avec moi. J’essaye aussi d’acheter un maximum de produits en vrac, pour éviter les emballages. J’ai également acheté des pailles en métal, et j’utilise désormais des emballages en cire d’abeilles, réutilisables, pour transporter et conserver mes produits. Je suis passée au savon et au shampoing solides, ainsi qu’à la lessive en bandes. Bien entendu, je bois l’eau du robinet (filtrée ou non) et utilise une gourde.

Bouteille en plastique sur une plage
Mmm, les jolies plages paradisiaques. Photo by Catherine Sheila from Pexels.

Acheter d’occasion

Avant chaque dépense, je me pose désormais la question : « Est-ce vraiment utile ? », « En ai-je vraiment besoin ? ». Ces deux questions m’ont permis de réduire considérablement mes achats. Bon, ok, le fait de vivre dans une région froide où je ne peux plus porter ni robes, ni talons, ni petits t-shirts mignons aide aussi. Mais quand même… J’essaye de réduire mes achats à l’essentiel, en privilégiant les matières techniques de qualité, conçues pour durer.

Pour ce qui est des meubles et de l’équipement sportif, je suis devenue une fervente adepte des magasins et des sites de seconde main (merci Facebook Market, Kijiji et Craiglist), qui me permettent d’acheter les choses dont j’ai besoin et de les revendre ensuite (ça marche aussi pour les décorations d’Halloween et de Noël : à moi la joie des achats inutiles sans la culpabilité !).

Télévision vintage
Tellement de bonheur dans les thrift shops. Photo by Patrick Tomasso on Unsplash.

Et vous ?

Dans cet article, je vous ai parlé des gestes que j’ai mis en place dans ma vie quotidienne pour réduire mon impact environnemental. Et vous, quels sont les vôtres ? Donnez-moi vos astuces et vos bonnes idées ! Et ok, le prochain article parlera de notre déménagement à Whitehorse, promis.

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Cinq choses qui m’agacent au Canada

Que les choses soient claires : j’adore le Canada. J’en parle d’ailleurs ici. Mais je dois avouer qu’il y a quand même quelques petites choses qui m’irritent au pays des caribous….

Que les choses soient claires : j’adore le Canada. J’en parle d’ailleurs ici. Mais je dois avouer qu’il y a quand même quelques petites choses qui m’irritent au pays des caribous. (Outre le fait qu’ils sont plutôt rares, les caribous).

Feuille d'érable
Cette photo. Je n'en peux plus de cette photo. Laissez tranquilles les feuilles d'érable, par pitié ! Photo by Guillaume Jaillet on Unsplash.

Le cout de la vie

Vancouver est chère. Les loyers sont chers, y faire ses courses est cher… Et les salaires ne suivent pas (sauf si vous bossez dans l’IT, oui, d’accord). Ce qui entraine pas mal de déceptions chez les nouveaux arrivants, qui ne parviennent pas à profiter pleinement des attraits de la ville. Difficile par exemple d’avoir son propre appartement ou d’acheter une voiture si l’on vit seul. Et ne parlons pas de devenir propriétaire. Conséquence : les immigrants n’y restent souvent pas plus de quelques années. Difficile donc d’y créer des relations durables, entre les arrivées et les départs des un-e-s et des autres.

Le sucre

Je pourrais dire : la nourriture en général. Mais je m’y habitue tout doucement. Donc je ne parlerai que du sucre : pourquoi en mettre autant, dans tout, tout le temps ? C’est simple : depuis que je vis ici, j’ai arrêté de commander des desserts au restaurant. Et surtout, surtout, je n’achète plus ces jolis gâteaux qui semblent tellement bons au magasin. Ils ne le sont pas. Ils sont juste trop sucrés.

Oui, ils sont jolis. Mais rendez-vous service : n'y goutez pas. Photo by Brooke Lark on Unsplash.

Le respect de l’environnement

Quand j’étais petite, on me rappelait souvent de couper l’eau du robinet lorsque je me brossais les dents, d’éteindre les lumières en sortant d’une pièce. Lorsque j’ai rénové ma maison, j’ai fait installer du double-vitrage, j’ai isolé les murs et acheté une chaudière au gaz à condensation. En 2017, les sacs plastiques ont été interdits dans les magasins en Belgique. Bref, limiter mon impact environnemental était quelque chose d’assez normal pour moi.

Puis je suis arrivée au Canada. Simple vitrage partout, murs à peine plus larges qu’une main, lumières allumées dans les bureaux la nuit, gros 4X4 dans les rues, sacs en plastique à la pelle dans les magasins. Waouh. Au début, ça fait un choc. Et puis, on relativise un peu… La production électrique est beaucoup plus verte ici qu’en Europe : 60% vient de l’hydroélectrique. Du coup, ça pollue effectivement moins. Et puis, heureusement, de gros efforts sont faits pour limiter l’usage des plastiques à usage unique.

Le Ghosting

Ce terme fait référence à un fantôme qui apparaît et puis *pouf*, qui disparaît, dans une relation amicale ou professionnelle. Je m’explique : la plupart des Canadiens détestent les conflits. C’est comme ça. C’est éducationnel, culturel, tout ce que l’on veut mais quoiqu’il en soit, beaucoup ne savent pas exprimer clairement leur désaccord (pardon, pardon pour la généralisation, mes amis canadiens je vous aime quand même). Du coup, ils risquent de vous ghoster, du jour au lendemain, sans réelle explication. Vous allez boire un café avec un employeur super emballé par votre CV, et puis plus aucune nouvelle ? C’est normal au Canada. Vous invitez vos collègues à un diner, et personne ne vient ? Ça aussi, ça arrive.

Chaton mignon
Je mets un chaton pour détendre l'atmosphère. Image par Dimitri Houttem sur Pixabay.

Les machines à laver

Oui, cela fait vraiment partie de mon top 5. Oui, c’est triste, mais je rêve de linge qui sent bon, propre et en bon état. Au Canada, beaucoup de machines ont un chargement par le haut. Or, ce type de machine abime énormément les vêtements (ceux-ci sont « étirés » dans tous les sens lors du lavage). Ensuite, les machines à laver canadiennes ne chauffent pas l’eau : elles utilisent l’eau chaude « courante » (en consommant beaucoup plus d’eau au passage, près du triple de nos machines européennes). Il est donc impossible de laver son linge à haute température pour en faire partir les taches difficiles. Voilà voilà où j’en suis dans ma vie à 34 ans. On a les problèmes qu’on mérite.

Femme assise devant une machine à laver
Ah oui, c'est très joli. Mais ça ne lave pas. Image parStockSnap sur Pixabay.

Dans cet article, je vous ai livré mon top 5 des choses qui m’énervent le plus au Canada. Mais il faut reconnaitre que j’aime bien râler (ça me fait penser que j’ai oublié de râler sur le peu de congés payés ! 10 jours !). En vrai, je ne retournerais en Belgique pour rien au monde. J’aime ce pays d’amour, et je vous explique d’ailleurs pourquoi ici.

Et vous, quelles sont les choses qui vous agacent le plus dans votre pays?

17 commentaires sur Cinq choses qui m’agacent au Canada

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